Madagascar: la SADC essaye de trouver une issue juridique à l'imbroglio


PRETORIA - La SADC (Afrique Australe) souhaite trouver une solution juridique solide pour permettre au président malgache déchu Marc Ravalomanana de rentrer dans son pays sans être immédiatement arrêté, a déclaré mardi à Pretoria le vice-ministre sud-africain des Affaires étrangères.

Clairement, M. Ravalomanana espère qu'on accélère le processus d'amnistie et qu'on accélère son retour, il veut rentrer et nous devons nous assurer qu'il puisse le faire dans des conditions sûres, a dit Marius Fransman au cours d'un point presse, en marge d'une réunion de la SADC et des mouvances rivales de Madagascar.

M. Fransman s'est aussi entretenu samedi soir avec l'homme fort de Madagascar, Andry Rajoelina, pour lui rappeler que M. Ravalomanana devait pouvoir rentrer, aux termes de la feuille de route signée en septembre.

M. Rajoelina a dit +envoyez moi des experts internationaux en droit et en droits de l'homme pour nous aider et nous conseiller+, selon M. Fransman.

Donc nous pensons qu'il y a un espace pour avancer sur ce point, a-t-il dit.

Le point clé, a-t-il expliqué, est d'arriver à concilier la possibilité prévue dans la feuille de route pour M. Ravalomanana de rentrer à Madagascar tout en tenant compte du jugement qui l'a condamné pour la tuerie de février 2009.

L'article 20 dit clairement que tous les politiques en exil, y compris l'ancien président Ravalomanana doivent rentrer sans condition. Il y a toutefois une loi et des tribunaux dans le pays et M. Ravalomanana a été jugé. Comment concilier ça, c'est le noeud du problème. Cela ne veut pas dire que le jugement est correct mais cela reste un jugement, a-t-il déclaré.

C'est de la responsabilité de la SADC de clarifier ce point, a ajouté M. Fransman.

L'ex-président Ravalomanana, exilé depuis trois ans en Afrique du Sud, a une nouvelle fois tenté la semaine dernière de rentrer à Madagascar où il est sous le coup d'un mandat d'arrêt mais son avion a été empêché d'atterrir par l'autorité de transition.

Renvoyant dos à dos MM. Ravalomanana et Rajoelina, M. Fransman a jugé irresponsable pour le premier d'avoir tenté ce retour prématuré et pour le second de continuer à parler sans cesse de mandat d'arrêt alors que l'on est supposé être sur la voie de la réconciliation et d'une amnistie.

L'Afrique du Sud, qui pilote les efforts de médiation de l'Afrique australe (SADC) pour sortir Madagascar de la crise politique, a réuni mardi à Pretoria les représentants des trois principales mouvances opposées pour de nouvelles négociations

Après une réunion avec ses homologues de la troïka, le Zambien Emmanuel Kasanga et le Tanzanien Mahadhi Juma Maalim, le vice-ministre sud-africain des Affaires étrangères a élargi les discussions aux Malgaches. Il devait leur proposer un concours de juristes pour tenter de trouver une solution au retour de M. Ravalomanana.

Sont notamment arrivés le président du Congrès, Rakotoarivelo Mamy issu de la mouvance de M. Ravalomanana, des conseillers du président de l'autorité de transition, Andry Rajoelina, le Premier ministre Omer Beriziky et un représentant de l'opposant Albert Zafy en la personne de Jean-Marcel Miandrisoa.

(©AFP / 24 janvier 2012 17h26)

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