Madère à l'index pour des dettes qui plombent le déficit du Portugal


LISBONNE - Les autorités portugaises ont vivement critiqué la région autonome de Madère pour avoir omis de déclarer des dettes qui plombent le déficit public du Portugal de 1,68 milliard d'euros de 2008 à 2011.

Il s'agit d'une omission d'information grave, ont indiqué la Banque du Portugal (BdP) et l'Institut national des statistiques (Ine) dans un communiqué conjoint précisant qu'ils n'avaient jamais eu connaissance de cas similaires.

La dette de Madère, petit archipel au large de l'océan Atlantique, aura un impact de 0,3 point de pourcentage sur la dette publique portugaise et implique notamment une révision à la hausse du déficit de 2010 qui passerait ainsi de 9,1 à 9,6% du PIB.

Ce qui se passe (...) est une irrégularité grave et incompréhensible, a déclaré le Premier ministre portugais, Pedro Passos Coelho, actuellement en visite officielle en France.

Madère va devoir faire un effort accru pour assurer la viabilité de sa situation financière, a fait valoir le ministère des Finances dans un communiqué rappelant que l'île a déjà demandé l'aide de Lisbonne pour élaborer son propre programme de redressement financier.

Personne ne doit échapper aux efforts demandés aux Portugais pour respecter les engagements pris auprès des entités internationales, a estimé de son côté le président Anibal Cavaco Silva, qui a convoqué une réunion extraordinaire lundi avec le chef du gouvernement.

La dette de Madère risque de compliquer sérieusement la tache du Portugal qui s'est engagé à ramener son déficit à 5,9% du PIB cette année et à 3% en 2013 en échange d'une aide financière de l'UE et du FMI de 78 milliards d'euros.

Il faut que nous fassions, tous unis, un effort pour qu'il n'y ait pas au Portugal -et je suis sûr que cela ne va pas se produire- de dérapage semblable à la Grèce, a martelé M. Cavaco Silva.

Il n'y a aucune dette occulte, a réagi le président de la région autonome de Madère, Alberta Joao Jardim, selon lequel certains investissements ont dû être renégociés ce qui expliquerait que leur inscription dans les comptes publics ait été retardés.

Ici, personne n'a rien à cacher, a ajouté celui qui dirige l'île depuis 1978 et qui briguera un nouveau mandat lors de l'élection régionale du 9 octobre.

M. Jardim, personnage politique controversé pour ses tendances populistes, est membre du Parti social-démocrate (centre-droit) comme le Premier ministre et le président.

Le chef du Parti socialiste dans l'opposition, Antonio José Seguro, s'est emparé du problème de Madère et a demandé au chef du gouvernement de se démarquer de M. Jardim en lui retirant sa confiance politique.

L'affaire n'a pas manqué d'inquiéter l'Union européenne. Le commissaire européen chargé des Affaires économiques Olli Rehn, qui participait en Pologne à la réunion des ministres européens des Finances, a estimé qu'elle était une surprise qui tombait mal.

(©AFP / 16 septembre 2011 20h59)