Mali: manifestations de familles de militaires combattant des rebelles touareg


BAMAKO - Des familles et sympathisants de militaires combattant des rebelles touareg dans le nord du Mali manifestaient jeudi à Bamako, Kati (près de la capitale) et Ségou (centre) pour protester contre la gestion de la crise par le pouvoir malien, selon des sources concordantes.

A Bamako, un journaliste de l'AFP a vu des jeunes, dont des élèves, n'ayant pas forcément de liens de famille avec ces militaires dénoncer la mollesse du pouvoir dans la gestion de cette crise, qui s'est traduite depuis le 17 janvier par l'attaque de plusieurs localités du nord-ouest et du nord-est: Ménaka, Aguelhoc, Tessalit, Léré, Niafounké.

Ils ont brûlé des pneus dans le centre-ville, bloquant ou perturbant la circulation par endroits. Des forces de l'ordre étaient déployées mais ne sont pas intervenues.

A Kati, ville-garnison à 15 km au nord de Bamako, des épouses et enfants de militaires scandaient des slogans hostiles au président malien Amadou Toumani Touré, surnommé ATT: ATT, complice des rebelles!, Des munitions pour nos maris!, Des nouvelles de nos maris!, selon deux manifestantes jointes par téléphone depuis Bamako.

Au lieu de faire des discours, le président ATT doit maintenant passer aux actes, a déclaré l'épouse d'un sergent.

Une autre femme a indiqué que la manifestation se poursuivait et que les femmes et enfants se dirigeaient vers Koulouba, siège du palais présidentiel à environ 3 km de Kati. Aucun incident n'était signalé jusqu'aux environs de 12H00 (locales et GMT).

Dans un discours mercredi soir, le président Touré a exhorté les Maliens à ne ne pas faire l'amalgame entre rebelles et civils touareg. Ceux qui ont attaqué certaines casernes militaires et localités au Nord ne doivent pas être confondus avec nos autres compatriotes Touareg, Arabes, Songhoï, Peuls qui vivent avec nous, a-t-il dit.

A Ségou (204 km au nord de Bamako), de nombreux femmes et enfants de militaires maliens ont également marché pour protester contre la gestion de la crise, ont indiqué à l'AFP des témoins et un responsable municipal.

Nous avons reçu les femmes, ici à l'Assemblée régionale de Ségou. Elles ont affirmé qu'il fallait donner des moyens aux soldats maliens au front et les informer sur la situation de leurs époux, a déclaré à l'AFP Alioune Sidibé, un responsable municipal de la région de Ségou. Les femmes étaient très en colère, nous avons tenté de les calmer, a-t-il ajouté.

Aucun incident n'a été signalé.

Ce sont les troisièmes manifestations de colère de familles de militaires depuis le début de la semaine.

Mardi, des femmes parties de Kati ont été stoppées à l'entrée de Koulouba par les forces de sécurité, et mercredi dans la même ville, des manifestants s'en sont pris à des maisons et une clinique appartenant à des Touareg, qui ont été saccagées, selon des témoins et la presse locale.

Des familles de Touareg ont évacué Kati. (...) Beaucoup de gens ont quitté le Mali par avion ou par la route, a affirmé par téléphone à l'AFP un Touareg qui a affirmé que ses parents ont échappé à un lynchage.

Des rebelles touareg, regroupés notamment au sein du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA), affirment mener depuis le 17 janvier une offensive pour sortir le peuple de l'Azawad de l'occupation illégale du territoire azawadien par le Mali. La région naturelle de l'Azawad (de l'ouest au nord du Mali) est considérée comme le berceau des Touareg.

(©AFP / 02 février 2012 13h59)

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