Mali: sans accord avec Bamako, les rebelles touareg menacent de s'allier aux islamistes


OUAGADOUGOU (Burkina Faso) - Les indépendantistes touareg du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) pourraient s'allier aux groupes islamistes et terroristes qui occupent le nord du Mali en cas d'intervention ouest-africaine, si un accord n'est pas trouvé avec Bamako, a menacé lundi un des responsables de cette rébellion.

Nous mettons en garde contre toute intervention militaire dans l'Azawad sans qu'un accord ne soit trouvé au préalable entre le MNLA et les autorités de Bamako, sinon cette intervention pourrait nous amener à des alliances de circonstance avec les groupes islamistes et terroristes, a déclaré à l'AFP Ibrahim Ag Mohamed Asseleh, membre du Conseil de transition de l'Azawad, le gouvernement provisoire du MNLA.

M. Mohamed Assaleh a fait cette déclaration à Ouagadougou où vivent plusieurs responsables du MNLA dont son chef, Bilal Ag Achérif, en convalescence dans la capitale burkinabè après avoir été blessé en juin dans des combats contre les groupes islamistes, avec lesquels il menace désormais de s'allier.

Malgré notre attente depuis très longtemps pour l'ouverture de dialogue, Bamako fait la sourde oreille, a relevé Ibrahim Ag Mohamed Asseleh.

Nous interpellons le médiateur de la Cédéao (le président burkinabè Blaise Compaoré) et la communauté internationale dans son ensemble à pousser Bamako à mettre en place une commission de négociation promise par le président intérimaire (malien Diouncouda Traoré) dès son retour de Paris, a insisté M. Asseleh.

M. Mohamed Assaleh est un député malien ayant rallié la rébellion où il est ministre chargé des droits de l'Homme, des missions humanitaires et des Azawadiens de l'extérieur.

Il a par ailleurs réfuté toute division au sein du MNLA après l'annonce dimanche de la création d'un mouvement dissident.

Ancien officier de l'armée malienne, le colonel Hassan Ag Mehdy, qui avait rejoint début 2012 le MNLA, a annoncé avoir créé un mouvement dissident, le Front Populaire de l'Azawad (FPA), respectueux des droits de l'Homme et ouvert au dialogue avec le Mali.

Il n'y a aucune dissidence au sein du MNLA. C'est un colonel poltron qui a refusé d'aller sur le terrain. Il n'a aucune armée derrière lui, a déclaré Ibrahim Ag Mohamed Asseleh.

Dans la foulée du coup d'Etat militaire du 22 mars 2012 à Bamako, la rébellion touareg du MNLA et les groupes islamistes armés alliés de la branche maghrébine d'Al-Qaïda avaient pris le contrôle du nord du Mali, réclamant l'indépendance de la région.

Mais les islamistes ont rapidement pris le dessus sur les indépendantistes touareg et les en ont évincés. Les deux groupes ont des objectifs très différents: le MNLA se proclame laïc et veut l'indépendance de la région de l'Azawad (nord du Mali), alors que les islamistes prônent l'application de la charia (loi islamique) dans tout le Mali.

Le Mali et la Communauté économique des Etats de lAfrique de l'Ouest (Cédéao) ont trouvé un accord ce week-end sur les conditions de déploiement dune force ouest-africaine au Mali, afin de participer à la reconquête du nord du pays.

(©AFP / 24 septembre 2012 18h05)

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