Maternité porcine: une autorisation annulée par le tribunal administratif


RENNES - Le tribunal administratif de Rennes vient d'annuler une autorisation préfectorale délivrée en 2010 pour l'exploitation d'une maternité porcine industrielle, située à Trébrivan (Côtes d'Armor), a appris mardi l'AFP qui a obtenu une copie de la décision.

Entrée en service en janvier 2011, cette maternité porcine rassemble un millier de truies produisant, selon les associations à l'origine du recours, 23.000 bêtes par an.

Le tribunal a expliqué sa décision en raison d'une étude d'impact insuffisante, ne tenant pas suffisamment compte du risque écologique pour les cours d'eau proches de l'exploitation.

L'étude d'impact est entachée d'une insuffisance substantielle au regard de l'enjeu majeur que constitue la qualité de l'eau et n'a pu délivrer l'information nécessaire au public et à l'administration sur les dangers et inconvénients du projet, est-il écrit dans le jugement.

Le commissaire-enquêteur chargé de l'enquête publique avait rendu un avis favorable, tout en récusant le plan d'épandage, est-il rappelé par ailleurs.

L'ancien préfet des Côtes d'Armor Jean-Louis Fargeas, avait délivré le 14 avril 2010 son autorisation d'exploitation à la SCEA Ker Anna. Il avait alors estimé que le dossier ne présentait aucune faille technique et permettrait de réduire l'impact sur l'environnement de cinq élevages désormais regroupés.

Ce nouveau jugement est révélateur du laxisme ordinaire de l'Etat français en Bretagne en matière d'application de la réglementation environnementale aux élevages industriels, a estimé le porte-parole de l'association Eau et Rivières de Bretagne (ERB).

Ca montre une fois de plus qu'on n'a pas pris toute l'ampleur des conséquences de la concentration animale en Bretagne, a commenté pour l'AFP le porte-parole d'ERB, Jean-François Piquot. On est face à un Etat français schizophrène, qui lance des plans de lutte contre les algues vertes mais continue à autoriser ces exploitations, a-t-il ajouté.

L'association Sous le vent, les pieds sur terre, qui avait déposé la requête en annulation, recevra 1 200 euros de l'Etat pour le remboursement de ses frais de justice.

L'élevage intensif, notamment porcin, a été reconnu commme l'un des facteurs à l'origine de la prolifération des algues vertes sur les côtes.

(©AFP / 17 juillet 2012 19h40)

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