Mission d'enquête sur l'exploitation possible du méthane dans le Nord-Pas de Calais


LILLE - La région du Nord-Pas de Calais a lancé mardi une mission d'enquête sur une éventuelle exploitation économique du méthane en profondeur dans les veines de charbon, appelé gaz de couche.

La mission d'enquête, dans le cadre du schéma régional de développement économique, a tenu sa première réunion ce matin. Trois autres sont prévues, avant le compte rendu des travaux le 19 février, a déclaré à la presse son président Bertrand Péricaud, conseiller régional Front de gauche.

Pour le vice-président de la mission d'enquête, l'UMP André Flajolet, la question est de savoir si dans le bassin houiller qui a un passé et un passif, il est possible de donner une espérance à la fois économique et environnementale à une population affectée par un fort chômage.

Le 22 janvier, lors de la quatrième réunion, cette mission se déplacera en Lorraine, dont le Conseil régional s'est positionné en faveur d'une exploitation, a indiqué M. Péricaud.

Depuis le début 2013, la filiale française du britannique European Gas Limited (EGL) y exploite deux puits d'exploration, afin de vérifier l'état des ressources et la rentabilité économique du process, a souligné M. Péricaud.

Lors de cette première séance, des représentants de l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris) et du Bureau de recherche géologique et minière (BRGM), auxquels le ministère de l'Ecologie a commandé une étude d'impact, ont exposé les données techniques et scientifiques du dossier.

Le méthane, gaz inflammable et explosif à l'origine des coups de grisou si redoutés des mineurs des charbonnages, est de manière naturelle collé au charbon et il faut donc l'en décoller, a expliqué l'expert de l'Ineris, Christophe Didier.

La fracturation hydraulique étant interdite en France, la question est de savoir s'il est exploitable avec des techniques de rechange supportables par l'environnement, propres et sûres.

Le méthane ne serait pas extrait des anciennes houillères, au sous-sol dévasté, mais des veines de charbon à diverses profondeurs autour de l'ancien pays noir du Nord-Pas de Calais, donc en zone rurale.

D'où la nécessité d'ouvrir le dialogue et de favoriser un débat contradictoire entre tous les acteurs concernés, --élus, syndicats, défenseurs de l'environnement, agents économiques--, a expliqué Pierre de Saintignon, vice-président PS du conseil régional.

Les réserves exploitables de méthane en France sont cependant à ce stade encore largement méconnues, a reconnu M. Didier. Seul est exploité le gaz de mine, c'est-à-dire le méthane qui affleure sous les anciens puits. A l'échelle nationale, cela représente, a-t-il dit, la consommation annuelle de gaz d'une ville de 60.000 habitants.

(©AFP / 19 novembre 2013 16h07)