Mme Suu Kyi pour une enquête de l'ONU sur les droits de l'homme en Birmanie


WASHINGTON - L'opposante birmane Aung San Suu Kyi, qui s'adressait pour la première fois au Congrès américain, par le biais d'une vidéo-conférence, a demandé le soutien des élus à la création d'une commission d'enquête de l'ONU sur les droits de l'homme dans son pays.

L'opposante birmane, prix Nobel de la paix, libérée en novembre après avoir passé près de 15 des 21 dernières années en résidence surveillée, a écarté mercredi l'idée de faire d'une telle commission d'enquête un tribunal.

C'est simplement une commission d'enquête pour déterminer quelles violations des droits de l'homme ont été commises et ce que nous pouvons faire pour s'assurer que de telles violations ne se reproduisent pas, a-t-elle dit devant la Chambre des représentants.

Elle a prié les parlementaires de faire tout ce qu'(ils peuvent) pour faciliter le travail du rapporteur spécial de l'ONU sur la situation des droits de l'homme en Birmanie, Tomas Ojea Quintana.

Les rapports sont compliqués entre la Birmanie et l'ONU, accusée par certains analystes de ne pas peser du tout sur l'évolution du régime militaire, peu sensible aux pressions extérieures.

Les Etats-Unis soutiennent le principe d'une enquête de l'ONU mais n'ont guère pris d'initiatives en ce sens, refroidis par la perspective d'un blocage prévisible de la Chine.

Mme Suu Kyi a également appelé devant le Congrès le régime birman à libérer quelque 2.000 prisonniers politiques. Pourquoi sont-ils toujours en prison si ce gouvernement a vraiment l'intention de faire des progrès vers la démocratie?, s'est-elle interrogée.

L'opposante birmane a prévenu qu'une longue route attendait ses concitoyens avant l'avènement de la démocratie dans leur pays.

En fait, nous avons déjà parcouru une route longue et pénible, et il ne fait pas de doute que d'autres difficultés nous attendent, a-t-elle dit.

Mais avec l'aide et le soutien d'amis véritables, je suis certaine que nous serons capables d'ouvrir la voie vers la démocratie, sans doute pas aussi rapidement ni facilement que nous le souhaiterions, mais lentement et sûrement, a-t-elle ajouté devant la Chambre des représentants.

(©AFP / 23 juin 2011 16h20)