Mort du jihadiste Garsallaoui, mentor présumé de Merah


ISLAMABAD - Le jihadiste belgo-tunisien Moez Garsallaoui, recruteur pour al-Qaïda en Europe et mentor présumé du jeune islamiste français Mohamed Merah, auteur d'une série d'assassinats en France en mars, a été tué dans le nord du Pakistan par un tir de drone américain, selon un site internet spécialisé.

Selon le site de monitoring des réseaux jihadistes Site, des proches de Garsallaoui ont annoncé son décès lors d'un raid aérien dans les zones tribales du nord-ouest pakistanais considérées comme un sanctuaire pour les talibans et des groupes alliés à al-Qaïda.

Le message diffusé sur un forum jihadiste en ligne fait état du martyre du commandant Abou Moez al-Tunisi, un militant utilisant les noms Jund al-Khilafah ou al-Qayrawani, une dernière référence à la ville de Kairouan en Tunisie, des noms d'emprunt connus du jihadiste de renom en Europe.

Le forum jihadiste a fait référence lundi à la mort de Garsallaoui causée par un tir de drone sans préciser la date de son décès.

Washington a fait ces dernières années des drones l'un des principaux instruments de sa stratégie militaire mondiale, notamment au Yémen et dans les zones tribales du nord-ouest pakistanais adossées à l'Afghanistan.

Selon des sources sécuritaires locales, des tirs de drone ont fait la semaine dernière 23 morts dans les zones tribales, dont cinq près de Miranshah, la capitale du Waziristan du Nord, une zone considérée comme l'épicentre des jihadistes au Pakistan.

Moez Garsallaoui, né en 1968 en Tunisie, a longtemps résidé en Belgique et en Suisse. Il était marié à Malika el-Aroud, un Belge d'origine marocaine surnommée la veuve noire, car elle avait eu antérieurement pour époux Abdessatar Dahmane, alias Abou Obeyda, qui avait participé au meurtre du commandant Ahmed Chah Massoud, le 9 septembre 2001 dans le nord-est de l'Afghanistan.

Le couple Garsallaoui-Aroud a été condamné par la justice en France, en Suisse et en Belgique sous différentes charges dont incitation à la violence sur internet et recrutement de combattants en Europe pour la zone pakistano-afghane.

La justice helvète a notamment condamné à la mi-2007 M. Garsallaoui à six mois de prison ferme pour incitation à la violence via les déclinaisons de son site internet Minbar, hébergées tour à tour dans différents pays européens et au Canada.

Garsallaoui a quitté l'Europe fin 2007 pour se rendre dans les zones tribales pakistanaises. Il a été condamné par contumace en 2010 à huit ans de prison par la justice belge pour avoir convoyé des jeunes volontaires depuis la Turquie jusqu'à la frontière afghano-pakistanaise.

La justice française a aussi condamné l'an dernier M. Garsallaoui, toujours en fuite, pour son rôle dans une filière jihadiste franco-belge recrutant des combattants pour la région Pakistan/Afghanistan.

Dans des messages diffusés au printemps dernier sur internet, le groupe nommé en arabe Jund al-Khilafah (Armée du Califat, en français), dont Moez Garsallaoui était un membre clé, a revendiqué des liens étroits avec Mohamed Merah, auteur des tueries de Toulouse et de Montauban (sud-ouest de la France) ayant fait sept morts en mars.

Le groupe y félicitait Yusuf al-firansi, surnom donné par ces jihadistes à Merah, présenté comme un Français de Toulouse parlant difficilement l'arabe et qui s'était entraîné avec eux dans les zones tribales pakistanaises, et revendiquait la responsabilité d'une des attaques, contre une école juive.

(©AFP / 17 octobre 2012 11h37)

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