Nord-Mali : des centaines d'enfants dans les rangs des groupes armés


BAMAKO - Des centaines d'enfants ont intégré les rangs des groupes armés dont les islamistes qui contrôlent le nord du Mali, a affirmé dimanche, une ONG malienne, rendant public, le résultat d'une enquête.

Nous avons plusieurs centaines d'enfants, âgés de 9 à 17 ans, qui ont intégré les rangs des groupes armés dont les islamistes qui contrôlent le nord du Mali, a déclaré M. Mamoud Lamine Cissé, président de la Coalition malienne des droits de l'enfant (COMAD), qui regroupe 78 associations maliennes et internationales.

Après les enquêtes, nous avons des informations concordantes que ces enfants, sont utilisés comme des combattants, des démineurs, des éclaireurs, des espions, des coursiers, des sentinelles, des cuisiniers, et des esclaves sexuels pour les jeunes filles, a également affirmé M. Cissé.

Selon lui, ces enfants-soldats sont notamment de nationalité malienne, sénégalaise, et nigérienne. La présence de ces enfants mineurs est signalée aux côtés des islamistes dans les trois régions du nord du Mali.

Nous lançons un appel que les organisations sous-régionales, et internationales accordent une attention particulière à ce phénomène, parce que les recrutements d'enfants se poursuivent actuellement dans le nord du Mali, a poursuivi le Président de la COMADE.

Des islamistes qui contrôlent le nord du Mali, ont récemment reconnu procéder à des recrutements de soldats de tous les âges dans les pays du Sahel pour combattre au nom de Dieu.

Les trois grandes villes et régions administratives du nord du Mali - Tombouctou, Kidal et Gao - qui représentent plus de la moitié du territoire de cet immense pays du Sahel, sont occupées par les islamistes armés depuis fin mars.

Ils en ont évincé totalement la rébellion touareg du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA) qui avait lancé l'offensive avec eux en janvier. Leur objectif est d'imposer la charia (loi islamique) à tout le pays.

La chute du nord du Mali aux mains des groupes islamistes armés a été précipitée par un coup d'Etat militaire ayant renversé le 22 mars à Bamako le président Amadou Toumani Touré (ATT).

Les putschistes ont rendu le pouvoir aux civils en avril, mais les autorités de transition en place à Bamako n'ont jamais pu reprendre le contrôle du nord du pays et une intervention militaire des voisins ouest-africains du Mali est actuellement à l'étude.

Fin juillet, des islamistes ont tué par lapidation un couple non marié à Aguelhok, dans le nord du Mali, premier cas à ce jour connu dans cette région depuis son occupation totale par les groupes armés islamistes il y quatre mois, selon deux élus de la région.

La ville d'Aguelhok est contrôlée par le groupe armé islamiste Ansar Dine (défenseurs de l'islam), allié d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) dont plusieurs membres se trouvent aussi dans la région.

Aguelhok, localité située dans le nord-est du Mali entre Kidal et Tessalit, non loin de la frontière algérienne, a été désertée par la grande majorité de ses quelque 3.000 habitants depuis qu'elle est contrôlée par les islamistes.

C'est le premier cas de mort par lapidation rapporté dans le nord du Mali où des couples illégitimes, des buveurs d'alcool, des fumeurs, ont été fouettés en public dans plusieurs villes, notamment à Tombouctou, également contrôlée par Ansar Dine et Aqmi.

Dans cette ancienne capitale intellectuelle et culturelle du Sahara, ils ont en outre détruit des mausolées de saints musulmans, provoquant l'indignation au Mali et à l'étranger.

Un autre groupe islamiste armé, le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), est également présent dans le nord du Mali où il contrôle notamment la ville de Gao.

(©AFP / 05 août 2012 21h25)

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