Nucléaire: Greenpeace envoie 80.000 factures virtuelles d'électricité


PARIS - Greenpeace, qui milite pour une sortie du nucléaire, a envoyé lundi à 80.000 foyers des factures d'électricité virtuelles de 2017 et distribué 35.000 exemplaires d'un faux journal dans 17 villes de France, dans le cadre d'une campagne contre l'énergie nucléaire.

Nous avons utilisé la parodie pour dénoncer le mythe du nucléaire pas cher, a déclaré à l'AFP Sébastien Blavier, de Greenpeace.

La facture, siglée EGF mais ressemblant à une vraie facture EDF, est accompagnée d'un courrier signé Henri Groglio (bien Groglio), inspiré du patronyme du PDG d'EDF Henri Proglio.

Dans le faux courrier, Greenpeace fait dire au dirigeant d'EGF: le nucléaire est la seule voie possible et il va falloir payer... pour la prolongation de la vie des centrales, la construction de nouveaux réacteurs, la gestion des déchets.

Le faux journal de 2 pages, baptisé 02 minutes, a pour titre: Je dois la vérité à la France, suivi d'une fausse interview d'Henri Proglio.

Pour la fausse facture, explique Sébastien Blavier, on a pris la facture moyenne annuelle de 2012 (930 euros) à laquelle on a appliqué un certain nombre de projections officielles sur l'évolution de la consommation, les investissements supplémentaires pour la sûreté, le prix du mégawattheure, etc. et on arrive à une augmentation de 25% en 2017, soit 266 euros en plus.

Le but n'est pas de tromper les gens, mais d'attirer leur attention sur l'évolution possible de leur facture si on continue sur la lancée actuelle, a commenté Sébastien Blavier.

Selon des calculs basés sur un scénario Greenpeace de transition énergétique, l'ONG estime que la hausse de la facture pourrait être limitée à 15% (soit +148 euros en 2017).

Ce scénario inclut une sortie totale du nucléaire en 2031 et la fermeture de 10 centrales en 2017, ainsi que la non mise en route de la centrale EPR de Flamanville, désormais prévue pour fin 2016.

Il prévoit une baisse de la consommation globale de 10%, via une meilleure efficacité énergétique des équipements et des bâtiments.

Il comprend des investissements supplémentaires dans l'éolien (capacité multipliée par 3) et le solaire (x2), toujours d'ici 2017, pour compenser la sortie partielle du nucléaire, ajoute le militant de l'ONG.

Les coûts de démantèlement et de gestion des déchets, qui ne sont pas connus avec précision, ne sont pas comptabilisés.

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EDF

(©AFP / 24 juin 2013 11h01)