Nucléaire: les Verts européens dénoncent la faiblesse des tests de sécurité


BRUXELLES - Le groupe des Verts au Parlement européen a dénoncé mardi la manière dont sont conduits les tests de sécurité dans les centrales nucléaires de l'UE, car ils ne prennent pas en compte l'hypothèse d'une combinaison de déficiences.

La Commission européenne doit présenter jeudi une communication sur ces tests, début d'un processus qui doit lui permettre de proposer en juin 2012 des modifications de la législation sur la sécurité nucléaire et de recommander la fermeture d'installations jugées dangereuses.

L'objectif de cet exercice, c'est de réviser la législation européenne sur la sécurité nucléaire. C'est ce qui a été promis et c'est ce qui est dû, a insisté mardi l'eurodéputée allemande Rebecca Harms, co-présidente du groupe, lors d'une conférence de presse.

Notre crainte c'est que ces tests ne donnent un eco-label aux installations actuelles et ne soient utilisés pour les exportations, a-t-elle expliqué.

Les Verts européens ont demandé à un expert, l'Allemand Wolfgang Renneberg, ancien directeur général de l'autorité nucléaire allemande, d'analyser les premiers rapports publiés par les régulateurs nationaux.

En ce qui concerne la portée des tests, les scénarios sont incomplets. La combinaison de différents risques n'est pas prise en compte, a déclaré M. Renneberg.

Les tests menés ne sont pas ceux qui ont été prévus par les dirigeants européens et les réponses ne garantissent pas la sécurité, a-t-il affirmé.

Les grandes installations nucléaires de l'UE ne sont pas à même de faire face à de grandes catastrophes, a conclu Mme Harms.

Greenpeace avait formulé les mêmes critiques fin octobre. Ces tests n'appréhendent pas l'inconcevable, contrairement à ce qui avait été promis, avait déploré l'organisation écologiste.

Nous souhaitons alerter les autorités responsables afin de les pousser à voir plus loin, avait expliqué à l'AFP Jan Haverkamp, expert de Greenpeace pour le nucléaire.

La plupart des opérateurs ont effectué un service minimum. Ils n'ont pas pris en compte l'hypothèse de problèmes multiples et leurs conséquences, a-t-il déploré.

La démarche des Verts s'inscrit dans une logique de pressions pour contraindre les dirigeants européens à tirer les leçons de l'accident nucléaire de Fukushima au Japon.

Un séisme et une immense vague de tsunami ont dévasté le nord-est du Japon le 11 mars 2011 et privé d'alimentation la centrale de Fukushima, provoquant un accident qui a entraîné l'émission de quantités massives d'éléments radioactifs dans l'air, le sol, les rivières et l'océan Pacifique.

Les premiers rapports rendus par les opérateurs sont provisoires, a déclaré mardi la Commission.

Le rapport publié en France par l'autorité publique de sûreté nucléaire (IRSN) pointe des déficiences dans certains normes de sécurité, mais juge que les installations françaises peuvent être légitimement considérées comme sûres.

Les autorités belges de contrôle ont pour leur part jugé que les sept réacteurs nucléaires construits dans le pays présentent un niveau de protection suffisant pour résister à un accident de l'ampleur de Fukushima ou à une attaque terroriste, même si la sécurité peut encore être renforcée.

L'Union européenne compte 143 réacteurs dans 14 pays, dont 58 en France, et 24 nouveaux réacteurs sont en projet, dont six sont déjà en construction: deux en Bulgarie, un en Finlande, un en France et deux en Slovaquie.

(©AFP / 22 novembre 2011 17h47)