Paris demande à la Russie des explications sur les inspections d'ONG


PARIS - La France a demandé mercredi à l'ambassade de Russie à Paris de fournir des explications sur la campagne de vérification lancée par Moscou à l'encontre de plusieurs organisations, dont des Alliances françaises.

Nous avons invité ce matin l'ambassade de Russie à Paris à fournir des explications sur les enquêtes en cours portant sur une série d'organisations, fondations et établissements, parmi lesquels plusieurs Alliances françaises, a déclaré le porte-parole du Quai d'Orsay.

S'il ne s'agit pas d'une convocation en bonne et due forme, l'ambassadeur de Russie en France est néanmoins invité à venir au ministère pour donner des explications, a expliqué un responsable au Quai d'Orsay.

Les autorités russes ont lancé une vaste campagne de vérification de plusieurs ONG, dont Human Rights Watch et Amnesty International, ainsi que plusieurs Alliances françaises, établissements culturels privés diffusant la culture française et ayant des liens avec les autorités à Paris.

Ces contrôles interviennent dans le cadre d'une campagne de vérification des ONG, liée à une loi obligeant les associations bénéficiant d'un financement étranger et ayant une activité politique à se faire inscrire sur un registre d'agents de l'étranger et à se présenter en tant que tels dans toute activité publique.

Le qualificatif d'agent de l'étranger était appliqué à l'époque stalinienne aux ennemis du peuple envoyés dans les camps ou fusillés.

La loi était entrée en vigueur fin 2012, quelques mois après le retour au Kremlin de Vladimir Poutine pour un troisième mandat de président.

Les responsables d'ONG qui, comme l'organisation russe de défense des droits de l'Homme Memorial, refusent de s'inscrire sur le registre des agents de l'étranger seront considérées comme telles par les autorités et sont passibles d'une peine allant jusqu'à deux ans de camp.

Le Parti socialiste du président François Hollande a pour sa part dénoncé des mesures antidémocratiques et inacceptables et appelé les autorités russes à revenir à des pratiques plus conformes au respect des droits de l'homme et de la liberté d'association.

Mardi, la représentante de l'Union européenne pour les Affaires étrangères Catherine Ashton s'était déclarée préoccupée par la vaste campagne d'inspection.

Ces actes, qui s'ajoutent à la récente série de lois restreignant les libertés civiles de la population russe, à l'accroissement de poursuites visant des militants, aux procès politiques, ainsi qu'à l'absence d'actions dans certaines affaires de violation des droits de l'homme, représentent une évolution profondément troublante, a-t-elle déclaré.

Une centaine d'organisations non gouvernementales aux activités diverses (droits de l'homme, défense des homosexuels, écologie), de Moscou à l'Extrême-Orient russe en passant par Saint-Pétersbourg et la Tchétchénie ont été visées jusqu'ici par ces contrôles perçus comme des mesures d'intimidation.

(©AFP / 27 mars 2013 13h31)


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