Paris et Berlin pour une coordination accrue des politiques énergétiques


WROCLAW (Pologne) - La France et l'Allemagne ont proposé de créer un groupe de coordination sur les politiques énergétiques en Europe, a annoncé mardi le ministre français de l'Energie Eric Besson à l'issue d'une réunion informelle des ministres européens de l'Energie à Wroclaw en Pologne.

Nous avons proposé avec le ministre allemand la création d'un +electricity coordination group+ européen, composé de gestionnaires de réseaux, de régulateurs et de représentants des Etats membres, a déclaré M. Besson devant la presse alors que l'Allemagne a décidé en mars de sortir du nucléaire.

L'idée est que ce groupe d'experts soit systématiquement saisi des projets nationaux qui peuvent avoir un impact significatif sur les autres pays, sur l'offre et la demande dans d'autres pays, et que pourraient saisir les ministres européens de l'énergie tant que nécessaire, a ajouté le ministre français.

Selon M. Besson, l'idée a été approuvée par les autres ministres et par le commissaire européen à l'Energie, Günther Oettinger.

Ce groupe aurait, j'imagine, un caractère informel et volontaire (...) Cela ne me paraît pas difficile de le mettre en place, a-t-il commenté.

Le ministre français a également proposé d'anticiper les risques de tensions sur les réseaux, en mettant en place une cellule européenne de vigilance hivernale au niveau des transporteurs délectricité, a précisé son ministère dans un communiqué publié à Paris dans la soirée.

M. Besson s'est entretenu avec le ministre allemand de l'Economie, Philipp Rösler, et ils ont décidé de placer la sécurité des approvisionnements et la compétitivité industrielle au centre de la coopération énergétique franco-allemande. Dici la fin de lannée, ils réuniront à Paris un premier séminaire pour prendre des mesures concrètes, selon ce communiqué.

La Pologne qui préside l'Union européenne a également fait de la coordination des politiques énergétiques une de ses priorités.

Le gouvernement allemand a décidé en mars l'arrêt immédiat des huit plus vieux réacteurs du pays et annoncé que les neuf autres s'éteindraient d'ici la fin 2022, en réaction à la catastrophe de Fukushima.

Les Allemands ont le droit de décider de la sortie du nucléaire, mais les conséquences sont des conséquences européennes, a fait remarquer M. Besson.

Ce qui ne serait pas acceptable est que nos amis allemands décident seuls de la sortie du nucléaire et que les conséquences de cette sortie soient financièrement mutualisée à l'échelle européenne, a-t-il ajouté.

Il faut que nous puissions anticiper les uns les autres sur ce que font nos collègues en matière énergétique, a-t-il indiqué.

Cela suppose que chaque pays ait une programmation pluriannuelle des investissements énergétiques, que chaque pays sache vers quel mix énergétique il va, mais surtout qu'il en informe les autres pour que chacun sache ce que les autres préparent en matière énergétique, sinon il n'y a pas de coordination, a insisté le ministre français.

(©AFP / 20 septembre 2011 21h11)