Pas de marge de sécurité pour payer le démantèlement du nucléaire


PARIS - Il n'y a pas de marge de sécurité pour couvrir le coût encore aléatoire du démantèlement d'installations nucléaires et de la gestion des combustibles usés et déchets radioactifs, selon le premier rapport de la commission nationale d'évaluation sur le sujet rendu public mardi.

Le rapport devait répondre à la question de savoir si le gouvernement et les exploitants du nucléaire en France se sont montrés assez prudents dans la prévision des financements pour ces opérations.

Il n'y a pas de marge de sécurité, a résumé le rapporteur Jean-Luc Lépine lors de son audition devant l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst).

La commission d'évaluation (CNEF) a été créée par une loi de 2006 qui elle-même instaurait une évaluation prudente des coûts.

Je ne dis pas sous-évaluation, je dis qu'on ne dispose pas de marge de sécurité, a-t-il précisé.

Il a rappelé que même la Cour des comptes dans son rapport de janvier dernier n'avait pas de réponse catégorique à la question de savoir si les prévisions de financements répondaient à l'objectif de prudence fixé par la loi.

Nous nous sommes aussi appuyés sur les commentaires de l'Autorité de sûreté nucléaire qui a dit qu'il n'y a pas de marge suffisante pour couvrir les aléas et les incertitudes, a-t-il ajouté.

L'ASN, a rappelé le rapport, a demandé notamment qu'on revoit le processus d'évaluation des coûts du stockage géologique profond des déchets radioactifs.

De plus, selon M. Lépine, la fourchette d'évaluation des producteurs et celle de l'Andra (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) sur ce point varie du simple au double.

Sur le fonctionnement du financement des opérations de démantèlement et de gestion des déchets, le rapport a rappelé qu'il existait deux méthodes : l'externalisation des fonds dans une structure indépendante comme aux Etats-Unis, ou alors, comme en France, le maintien des fonds à l'intérieur des bilans d'entreprises impliquées avec les risques que cela peut comporter en cas de faillite.

Le prochain rapport est attendu dans trois ans, mais il convient de s'interroger sur la pérennité de la formule actuelle, a souligné le rapporteur.

Dans un tweet envoyé depuis l'audition, le député EELV de Paris, Denis Baupin a, lui, résumé la réunion par en gros, 40 ans après on navigue à vue.

(©AFP / 24 juillet 2012 19h31)

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