Peines modérées requises contre six militants antipub des Déboulonneurs


PARIS - Des peines de 200 euros d'amende, avec sursis pour certains, ont été requises lundi à l'encontre de six militants antipub du collectif des Déboulonneurs pour avoir tagué des slogans hostiles à la publicité en 2009 à Paris.

La procureur a demandé au tribunal correctionnel de Paris de requalifier les faits qui leur sont reprochés en dégradations ayant entraîné un dommage léger, faits relevant de la contravention et non du délit.

De ce fait, la magistrate a estimé que les poursuites pour refus de prélèvement d'ADN qui leur est également reproché n'ont dès lors plus vocation à s'appliquer.

Elle a requis une amende de 200 euros, ferme contre ceux qui ont un casier judiciaire, avec sursis pour les autres. Quatre d'entre eux se trouvent dans le premier cas de figure, deux dans le second, selon les Déboulonneurs.

Leur avocat Me William Bourdon a plaidé la relaxe de ses clients, qui invoquent l'état de nécessité. C'est à la portée du juge d'indiquer le chemin de ce que devra être la loi de demain, a-t-il déclaré.

Le tribunal a mis son jugement en délibéré au 18 mars.

Il s'agissait du 8e procès de membres des Déboulonneurs à Paris, le 19e au niveau national, selon le collectif.

Les Déboulonneurs demandent une réduction de la taille des affiches, à 50 x 70 cm, et du nombre de panneaux afin que soit respectée la liberté de ne pas recevoir des messages publicitaires sans consentement.

Une demande soutenue par le Parti de Gauche, dont deux membres, Danielle Simonnet et Alexis Corbière, conseillers de Paris et secrétaires nationaux du PG, selon un communiqué des deux élus, qui se sont rendus à l'audience, selon Mme Simonnet.

Dans leur communiqué, ils dénoncent la criminalisation des militant-e-s par leur fichage génétique. Ils se prononcent pour la suppression de l'utilisation du fichier des empreintes génétiques à l'encontre des militants condamnés pénalement à raison d'actions militantes et réaffirment l'engagement du Parti de Gauche et du Front de Gauche en faveur d'une loi d'amnistie des militant-e-s et syndicalistes. Cette proposition de loi doit passer mercredi au Sénat devant lequel toutes les organisations du Front de Gauche manifesteront.

(©AFP / 25 février 2013 19h13)