Pérou: premier accord entre gouvernement et manifestants anti-mine à Puno


LIMA - Le gouvernement péruvien est parvenu à un premier accord avec des dirigeants de Puno, ville de 120.000 habitants proche de la frontière bolivienne bloquée depuis 19 jours par des manifestations contre des projets miniers jugés polluants, a-t-on appris samedi de source officielle.

La délégation dirigée par Rosario Fernandez, chef du gouvernement, a accédé vendredi soir à une demande des opposants aux projets miniers, en majorité des paysans indiens aymaras, en déclarant zone réservée le cerro (mont) Khapia et ses environs pour empêcher la présence d'industries minières.

Selon Mme Fernandez, deux autres revendications des manifestants devaient être abordées samedi: l'annulation de l'autorisation d'un projet de mine d'argent du groupe canadien Bear Creek Company, qui risque de polluer les ressources en eau vitales pour l'agriculture locale, selon ses détracteurs, ainsi que celle de toutes les concessions minières de la région de Puno.

La tension était montée d'un cran jeudi et vendredi dans la ville située au bord du lac Titicaca, à 1.300 km au sud-est de Lima. Trois bâtiments publics y avaient été saccagés et les manifestants avaient menacé d'empêcher le second tour de l'élection présidentielle, prévu le 5 juin.

Avec cet accord, un premier pas a été fait pour répondre aux revendications, dégager les routes bloquées et garantir la tenue du second tour entre Ollanta Humala (gauche nationaliste) et Keiko Fujimori (droite populiste), a souligné Mme Fernandez.

Les manifestants bloquent depuis près de trois semaines la principale route menant en Bolivie et 300 à 500 touristes étrangers venus visiter le Titicaca, le lac navigable le plus haut du monde, à 3.800 mètres d'altitude, sont coincés à Puno depuis mercredi.

L'empêchement d'un second tour de scrutin à Puno serait un coup dur pour M. Humala qui bénéficie d'un fort soutien dans la région, alors qu'il est devancé dans les sondages par la fille de l'ex-président emprisonné pour crimes contre l'humanité, Alberto Fujimori (1990-2000).

Ollanta Humala refaisait cependant son retard dans une dernière enquête publiée vendredi, qui ne donnait plus que 0,6 point d'avance à Keiko Fujimori, contre 2,8 à 7 points dans les précédents sondages.

(©AFP / 28 mai 2011 18h53)

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