Pesticides: une ONG dénonce un problème d'information


PARIS - L'ONG Générations Futures, qui avait accusé le ministère de l'Agriculture de maintenir sur le marché des pesticides contre l'avis de l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), a estimé qu'il s'agissait essentiellement d'un problème d'information, les données disponibles n'étant pas régulièrement mises à jour.

Le premier niveau de problème, c'est un vrai problème au niveau de l'information, a déclaré à l'AFP le président de l'ONG, François Veillerette.

Dans la foulée de la mise en cause de l'ONG la semaine dernière, le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll avait sommé la Direction générale de l'Alimentation (DGAL), qui délivre les autorisations de mise sur le marché (AMM), de répondre point par point à toutes les questions posées par Générations futures.

Après avoir étudié les réponses, il apparaît que pour la quarantaine de produits mis en cause, le site E-phy (catalogue des produits phytopharmaceutiques présentant leurs usages et leur toxicologie) du ministère de l'Agriculture n'est quasiment jamais à jour, souligne l'ONG.

Les modifications en matière d'AMM signalées par DGAL ne sont pas prises en compte sur E-phy, ce qui empêche toute transparence en la matière, ajoute-t-elle.

Générations Futures avait déposé une plainte, pour sept de ces pesticides jugés particulièrement toxiques, pour mise en danger de la vie d'autrui.

Elle est a priori maintenue, a indiqué M. Veillerette. Au moins pour deux produits cités, le problème n'est pas résolu. Les usages pour lesquels il y avait un avis négatif de l'Anses sont toujours autorisés , a-t-il ajouté, citant le Karate Zeon et le Karate Xpress.

L'ONG avait basé ses accusations sur deux lettres, dont l'une est datée du 27 août 2012, du directeur de l'Anses, Marc Mortureux, au directeur de la DGAL, Patrick Dehaumont.

Dans ce courrier, M. Mortureux attirait l'attention sur le maintien sur le marché des produits pour lesquels l'Agence avait émis un avis défavorable ou un avis favorable avec restrictions pour des raisons d'impact sur la santé ou sur l'environnement, des remarques qu'il avait déjà formulées dans un précédent courrier en 2009.

Il s'avère que la DGAL avait mis à jour certaines de ses autorisations avant la lettre de l'Anses, qui donc n'en avait pas eu connaissance, et d'autres ont été réalisées après, mais n'ont pas été rendues publiques. Il y a tous les cas de figure, a indiqué M. Veillerette.

(©AFP / 03 mai 2013 17h42)