Philippines: les rebelles musulmans prennent des dizaines d'otages supplémentaires


ZAMBOANGA (Philippines) - Les rebelles d'un mouvement islamiste philippin opposé aux négociations de paix avec Manille ont pris des dizaines d'otages supplémentaires mardi et échangé des tirs avec les forces armées au 2e jour d'une attaque contre une ville du sud de l'archipel.

Des tirs ont été entendus à l'aube près de la ville portuaire de Zamboanga, une agglomération de 800.000 habitants située sur l'île de Mindanao, où ont débarqué lundi entre 200 et 300 hommes armés, membres du Front moro de libération nationale (MNLF).

Les rebelles ont pris 20 personnes en otage au début de leur opération, mais selon la maire de la ville, Maria Isabelle Climaco Salazar, 170 habitants de six villages voisins étaient captifs mardi matin.

Ils s'en servent comme bouclier humain, a-t-elle dit dans un entretien à la chaîne ABS-CBN. Nous travaillons à leur libération et à une résolution pacifique de la crise.

L'attaque de lundi a fait 24 morts et obligé 1.500 habitants à fuir leur maison, a-t-elle ajouté.

Le fondateur du MNLF, Nur Misuari, a déclaré l'indépendance des régions du sud à forte population islamique dans ce pays majoritairement catholique, et appelé ses hommes à prendre d'assaut les bâtiments publics.

Les négociateurs tentent à présent de convaincre les rebelles de relâcher les villageois, a indiqué Muktar Muarip, un responsable d'une communauté locale, qui participe aux négociations.

Nous voulons les convaincre de rester là où ils sont et de ne pas se déplacer vers le centre-ville, car ça risque de faire de nouvelles victimes, a-t-il dit à l'AFP, ajoutant que beaucoup des otages étaient détenus dans des mosquées. Quatre femmes et un enfant ont été libérés au petit matin mardi, a-t-il précisé.

Nous ne leur ferons pas de mal. Nous voulons juste discuter de la paix, a déclaré Amin Adjirin, un des dirigeants des rebelles, à la radio DXRZ.

Les forces de l'ordre ont formé un cordon de sécurité autour des villages et patrouillent également en mer près du rivage de cette zone qui se situe à environ un km de l'agglomération.

Selon un journaliste de l'AFP, le gros des échanges de coups de feu avait lieu dans le village de Santa Barbara: des soldats dissumulés derrières des véhicules armés tiraient vers les rebelles, qui répliquaient, cachés dans les maisons de la bourgade.

Le président des Philippines Benigno Aquino a envoyé ses plus proches conseillers en matière de sécurité pour négocier une solution pacifique.

Le MNLF a signé un accord de paix avec le gouvernement en 1996 et renoncé à réclamer l'indépendance, privilégiant une simple autonomie de la région.

Manille parle par ailleurs depuis plusieurs mois avec le Front moro de libération islamiste (MILF), un autre mouvement indépendantiste, qui doit mettre en place une région autonome d'ici à 2016.

Misuari estime que ces négociations marginalisent son mouvement et le traité de 1996.

(©AFP / 10 septembre 2013 06h19)

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