Plans de secours européens: la majorité de Merkel toujours aussi frondeuse


BERLIN - La fronde continuait de plus belle mercredi dans les rangs de la majorité gouvernementale de la chancelière allemande sur les plans d'aide européens, malgré un rappel à l'ordre mardi d'Angela Merkel à ses propres troupes.

Le député euro-sceptique Frank Schäffler, membre du parti libéral FDP qui gouverne avec les conservateurs de Mme Merkel, avait ainsi rassemblé mercredi quelque 1.200 signatures pour l'organisation d'un référendum au sein du parti sur les plans d'aide européens, a indiqué à l'AFP son bureau.

M. Schäffler, coutumier des déclarations à l'emporte-pièce sur la Grèce notamment, doit rassembler au total 3.300 signatures pour organiser ce référendum.

Le député souhaite que son parti, le FDP, s'oppose à toute augmentation des moyens d'aides aux pays en difficulté, qu'il bannisse à jamais l'idée d'obligations communes européennes et qu'il réclame une procédure de sortie de la zone euro des pays trop endettés.

Par ailleurs le numéro deux du parti CSU, émanation en Bavière (sud) de la CDU d'Angela Merkel, a accordé à l'hebdomadaire Die Zeit à paraître jeudi une interview peu amène pour Mme Merkel.

Peter Ramsauer, qui est aussi ministre des Transports, qualifie d'indigestes les nouvelles mesures de soutien aux pays en difficulté adoptées en juillet dernier par les gouvernements européens, qui prévoient en particulier l'achat de dette sur le marché secondaire par le fonds européen FESF.

Il estime aussi qu'une sortie de la Grèce de la zone euro ne serait pas la fin du monde, selon un extrait de l'entretien communiqué à l'avance.

Autant d'initiatives et de déclarations qui illustrent les difficultés de Mme Merkel à maîtriser ces deux partis minoritaires au sein de la coalition, dont l'un, le FDP, tente d'endiguer un plongeon dans les sondages, tandis que l'autre, la CSU, cherche à reconquérir le terrain perdu sur ses terres, en Bavière.

La chancelière avait pourtant tenté mardi de mettre les choses au point en assurant: La priorité absolue est d'éviter un défaut de paiement incontrôlé de la Grèce, une manière de rappeler à l'ordre son vice-chancelier Philipp Rösler, également chef du FDP, qui avait mis le feu aux marchés en évoquant une faillite du pays.

M. Ramsauer a réagi aux propos de sa patronne en assurant à Die Zeit: Elle ne peut pas avoir dit ça. Ce serait abandonner tout moyen de pression. Cela voudrait dire qu'on fournirait toujours ce pays en argent frais, quoiqu'il arrive.

(©AFP / 14 septembre 2011 13h32)