Premier débat public sur l'enfouissement des déchets nucléaires à Bure


BURE (France / Meuse) - Le premier débat public sur le Centre industriel de stockage géologique (Cigéo), qui doit servir à confiner pour une très longue durée quelque 100.000 m3 de déchets nucléaires à haute et moyenne activité, s'est ouvert jeudi soir près du site projeté à Bure (Meuse) en présence de plusieurs dizaines d'opposants, a constaté un journaliste de l'AFP.

Ouvert le 15 mai, d'abord sur Internet, ce débat vise à informer précisément le public sur le projet Cigéo.

La plupart des associations hostiles à ce projet ont toutefois décidé de boycotter cette procédure, qu'elles estiment vaine.

Le débat public c'est juste, +Venez voir comment on va enfouir ces déchets nucléaires chez vous, et non pas +Faut-il les enfouir ou non?+, a ainsi déploré un collectif d'une quarantaine d'associations.

Situé à la limite des départements de la Meuse et de la Haute-Marne, le laboratoire souterrain de Bure préfigure, à quelques 500 mètres sous terre, ce que pourrait être le futur Cigéo.

Le projet est entré en phase de conception industrielle, mais il reste plusieurs étapes décisives avant sa mise en service, prévue en 2025, s'il est autorisé par l'Autorité de sûreté nucléaire.

A cheval sur quatre petites communes totalisant aujourd'hui quelques centaines d'habitants, il engage les générations futures pendant des dizaines de milliers d'années.

Un des deux types de déchets qui doivent être stockés par le Cigéo sont dits de haute activité vie longue, HA-VL (principalement des résidus hautement radioactifs issus du traitement des combustibles usés, dégageant de la chaleur). Le volume de déchets HA est estimé à environ 10.000 m3, dont 30% sont déjà produits.

Les autres déchets prévus au Cigéo sont dits de moyenne activité à vie longue (MA-VL), et seraient stockés les premiers. Leur volume est estimé à 70.000 m3, dont 60% déjà produits.

Ces deux types de déchets représentent 3% du volume total des déchets radioactifs produits en France, mais concentrent plus de 99% de la radioactivité, dont 96% rien que pour les HA-VL (0,2% du volume).

Les associations antinucléaires dénoncent pour leur part une gigantesque poubelle atomique de 300 ha en surface et 15 km2 de galeries souterraines, et pointent l'obsolescence des matériaux devant servir à contenir ces déchets.

C'est un effroyable legs pour nos enfants qui ne pourront pas gérer cette contamination programmée, estiment les opposants, en dénonçant un risque radiologique certain.

(©AFP / 23 mai 2013 18h59)