Présidente brésilienne à Cuba: économie d'abord, droits de l'homme en retrait


LA HAVANE - Cuba et le Brésil ont élargi leur coopération économique en concluant neuf accords à l'occasion d'une visite mardi de la présidente brésilienne Dilma Rousseff, qui a choisi de ne pas aborder le thème des droits de l'homme avec ses interlocuteurs cubains.

Qu'il lance la première pierre, celui qui n'habite pas une maison de verre, a affirmé à la presse la présidente brésilienne interrogée sur les droits de l'homme avant sa réunion avec son homologue cubain Raul Castro.

Je suis d'avis de parler des droits de l'homme d'une perspective multilatérale, a ajouté Dilma Rousseff, première dirigeante étrangère à visiter Cuba depuis la mort controversée le 19 janvier d'un dissident cubain emprisonné.

Il faut parler des droits de l'homme dans le monde entier ? Alors, nous parlerons des droits de l'homme au Brésil, nous parlerons des droits de l'homme au Etats-Unis en commençant par Guantanamo, nous parlerons des droits de l'homme partout, a-t-elle expliqué.

Moi je préfère parler d'autre chose, il n'est pas souhaitable de faire des droits de l'homme seulement une arme de combat idéologique, a ajouté la présidente brésilienne.

Concernant la blogueuse cubaine d'opposition Yoani Sanchez, qui a demandé l'appui des autorités brésiliennes pour obtenir l'autorisation de se rendre au Brésil à la mi-février, Dilma Rousseff a adopté le même profil bas.

J'ai donné, le Brésil a donné son visa à la blogueuse, a-t-elle rappelé. Les autres démarches ne sont pas de la compétence du gouvernement brésilien, a-t-elle ajouté en référence à l'autorisation de sortie que doit solliciter auprès des autorités tout Cubain qui veut voyager à l'étranger.

La blogueuse, qui affirme que cette autorisation lui a été refusée une vingtaine de fois dans le passé, a indiqué qu'une réponse des autorités cubaines à sa demande de sortie du territoire devait lui être apportée vendredi.

Ancienne guérillera emprisonnée durant la dictature brésilienne (1964-1985), Dilma Rousseff a indiqué qu'elle espérait également rencontrer l'ex-président Fidel Castro, 85 ans, retiré du pouvoir depuis 2006 au profit de son frère Raul. J'attends cette rencontre avec beaucoup de fierté, a-t-elle indiqué à la presse.

Raul Castro et Dilma Rousseff, qui n'a pas prévu de rencontrer des représentants de l'opposition cubaine, ont évoqué l'excellente situation des relations bilatérales, a indiqué un communiqué cubain lu au journal de la télévision publique locale de la mi-journée.

Neuf accords commerciaux et de coopération ont été signés concernant notamment les secteurs de la santé et de l'aviation civile. Le Brésil est le deuxième partenaire commercial de Cuba après le Venezuela.

La présidente brésilienne devait également visiter le projet d'insfrastructures du port de Mariel, à 50 km à l'ouest de La Havane, où Cuba a entrepris la construction d'un vaste complexe portuaire pour lequel le Brésil devait engager jusqu'à 640 millions de dollars, selon la présidente brésilienne.

Dilma Rousseff devait quitter Cuba mercredi matin pour se rendre à Haïti.

(©AFP / 31 janvier 2012 22h46)

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