Présidentielle russe: la candidature de l'opposant Iavlinski sur la sellette


MOSCOU - Le candidat du parti démocrate Iabloko à la présidentielle russe, l'opposant Grigori Iavlinski, a dénoncé lundi la décision politique de la Commission électorale qui a laissé entendre qu'elle s'apprêtait à invalider sa candidature.

C'est une décision strictement politique, a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à Moscou.

Ceux qui sont en désaccord avec ce qui se passe en Russie aujourd'hui, ceux qui veulent une Russie différente, ouverte, démocratique, européenne, moderne, ceux-là ne sont pas autorisés à participer aux élections, a dénoncé M. Iavlinski.

La Commission électorale avait indiqué peu auparavant qu'après vérification des parrainages d'électeurs soumis par M. Iavlinski, un grand nombre avaient été considérés comme irrecevables.

La législation russe prévoit qu'un candidat n'ayant pas le soutien d'un parti représenté au Parlement, ce qui est le cas de M. Iavlinski, doit fournir le parrainage de deux millions d'électeurs.

La Commission électorale vérifie ensuite un échantillon de 200.000 signatures, dont un minimum de 95% doit être authentifié. Or, dans le cas de M. Iavlinski, le nombre de signatures fausses ou non valides est de 23,07%, a indiqué un représentant de la Commission, Nikolaï Konkine, cité par l'agence Itar-Tass.

L'un des principaux problèmes, selon cette source, est que le camp de M. Iavlinski a fourni des photocopies de pétitions et non des originaux. Le responsable a expliqué qu'un deuxième échantillon de 200.000 signatures allait être vérifié. Selon l'agence Ria Novosti, cette procédure devrait s'achever au plus tard jeudi.

Interrogé par des journalistes, M. Iavlinski a estimé que sa candidature dépendait désormais du Premier ministre et lui-même candidat à la présidentielle, Vladimir Poutine.

Qui (en Russie) peut prendre une telle décision' Personne d'autre que M. Poutine, a estimé l'opposant, qui avait pu participer aux élections présidentielles de 1996 et 2000.

A l'inverse, la candidature du milliardaire Mikhaïl Prokhorov pourrait être approuvée dans les jours à venir, étant donné qu'après vérification, le nombre de signatures fausses ou non valides est de 4,38%, a expliqué M. Konkine.

M. Prokhorov a exprimé lundi son soutien à M. Iavlinski, estimant qu'il devait pouvoir participer à la présidentielle du 4 mars prochain.

Le retrait de Grigori Iavlinski (serait) un coup porté à la légitimité de l'élection présidentielle, a-t-il affirmé lors d'une conférence de presse.

Il a par ailleurs estimé que l'obligation de collecter ces signatures était une mesure malhonnête, injuste, prohibitive et même humiliante.

Des analystes et des opposants au Kremlin soupçonnent M. Prokhorov d'être soutenu en sous-main par le pouvoir, qui chercherait ainsi à canaliser une partie du mécontentement déclenché par les législatives du 4 décembre, à l'origine de manifestations sans précédents depuis plus de dix ans.

Premier ministre depuis près de quatre ans, M. Poutine veut revenir après la présidentielle de mars au Kremlin, qu'il avait dû quitter après deux mandats consécutifs (2000-2008).

Il reste le grand favori du scrutin du 4 mars, malgré un mouvement de défiance sans précédent depuis son arrivée au sommet de l'Etat en 2000.

(©AFP / 23 janvier 2012 14h15)


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