Prière punk contre Poutine : détention prolongée pour trois participantes


MOSCOU - Un tribunal de Moscou a prolongé jeudi de deux mois la détention provisoire de trois jeunes femmes arrêtées en février pour une prière punk contre Vladimir Poutine dans la cathédrale de Moscou, et qui encourent sept ans de prison pour hooliganisme.

Amnesty International et l'ONG russe Mémorial avaient réclamé leur libération, et le délégué pour les droits de l'Homme auprès du Kremlin, Vladimir Loukine, a demandé une attitude chrétienne à leur égard, alors que le patriarcat de l'Eglise orthodoxe a souhaité les voir sévèrement punies.

Une des trois détenues, Nadejda Tolokonnikova, a souligné que l'action de son groupe Pussy Riot dénonçait la collusion de l'Eglise et de l'Etat.

Mlle Tolokonnikova, Maria Alekhina et Ekaterina Saloutsevitch ont vu leur détention prolongée jusqu'au 24 juin.

Des dizaines de leurs partisans s'étaient rassemblés devant le tribunal en début d'après-midi, ainsi que quelques manifestants hostiles à Pussy Riot.

Une journaliste de l'AFP a vu la police interpeller une quinzaine de personnes, qui avaient lancé des fumigènes et entrepris de chanter et de danser en soutien aux musiciennes.

Le 21 février, avant l'élection présidentielle du 4 mars remportée par Vladimir Poutine, cinq jeunes femmes cagoulées et munies d'appareils de sonorisation s'étaient introduites dans la cathédrale du Christ-Sauveur et avaient chanté leur prière punk devant l'autel.

Mère de Dieu, chasse Poutine !, avaient-elles notamment chanté.

Les autorités russes n'ont pu identifier que trois d'entre elles, et ont placé ces dernières en détention.

Leur performance a suscité l'indignation de nombreux croyants en Russie.

Ceux qui insultent notre foi et notre peuple restent impunis, je suis venu dire que je suis contre ce qui s'est passé, a déclaré à l'AFP Alexandre Orlov, un agent immobilier présent devant le tribunal.

Le chef du Parti communiste, Guennadi Ziouganov, s'est joint de son côté aux protestations à l'égard des poursuites pénales.

Cette action sent mauvais, elle vise les fondements de notre vie, mais on peut parfaitement se passer de les poursuivre pénalement, a dit M. Ziouganov, selon l'agence de presse RIA Novosti.

(©AFP / 19 avril 2012 18h28)

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