Prothèses PIP: un plasticien assigné par la famille d'une patiente décédée d'un cancer


NICE - La famille d'Edwige Ligoneche, une porteuse de prothèses mammaires PIP défectueuses décédée à Marseille en novembre d'un lymphome, a assigné en justice le chirurgien plasticien qui l'avait opérée à trois reprises, a-t-on appris jeudi de source judiciaire.

Katia Colombo, soeur d'Edwige Ligoneche, réclame au chirurgien Denis Boucq, ainsi qu'à sa clinique de Nice, un total de 320.000 euros de dommages-intérêts -100.000 euros pour les souffrances endurées, 150.000 euros pour le préjudice de vie abrégée, 50.000 euros au titre du préjudice d'affection et 20.000 euros au titre du préjudice d'accompagnement-, a précisé son avocate Me Isabelle Colombani.

Denis Boucq avait posé à trois reprises des prothèses PIP, entre 2006 et 2010, à Edwige Ligoneche. Avant de mourir, cette patiente avait demandé à sa soeur d'entamer des actions en son nom contre le médecin mais aussi la société PIP ou l'Affsaps.

Je pars dans une logique d'aller jusqu'au dernier maillon. L'homicide c'est la faute de tous ces personnages, souligne Katia Colombo, 53 ans.

Dans un entretien à l'AFP en décembre dernier, Denis Boucq estimait que le lymphome de son ancienne patiente n'était pas dû au silicone de l'entreprise varoise Poly Implant Prothèse (PIP), tout en prônant l'explantation préventive systématique de toutes les prothèses PIP. Il disait lui aussi avoir porté plainte pour tromperie contre PIP.

Contrairement à ses dires en date de décembre 2011, il n'a pas déposé plainte contre la société PIP, a indiqué Me Colombani, qui déplore vivement que ce praticien fasse partie d'un comité d'éthique de l'Afssaps, créé en 2012 pour trouver des solutions aux porteuses d'implants PIP.

Le docteur Boucq n'était pas joignable jeudi.

Par ailleurs, Me Colombani a décidé d'engager une action en référé pour obtenir une provision de 30.000 euros sur l'indemnisation des préjudices définitifs et une provision de 7.000 euros sur les frais de justice. Les avocats des deux parties seront entendus le 19 juillet dans le cadre de cette procédure d'urgence dont le résultat sera connu sous huitaine.

L'entreprise varoise PIP a utilisé illégalement un gel de silicone fait maison dans la majeure partie de ses implants dans le but de réaliser des économies, jusqu'à la découverte de la fraude début 2010.

(©AFP / 14 juin 2012 20h18)

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