RDC: le N.2 du parti de Tshisekedi brièvement arrêté, a subi des violences


KINSHASA - Le numéro 2 du parti de l'opposant congolais Etienne Tshisekedi, interpellé mardi soir à l'aéroport de Kinshasa, a subi des violences lors de sa brève détention par les services de renseignements, a affirmé mercredi l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).

Jacquemain Shabani, secrétaire général de l'UDPS, qui devait se rendre à Berlin via Bruxelles, a été arrêté par les services de migration peu avant l'embarquement mardi soir, puis transféré à l'Agence nationale de renseignement (ANR) dans le centre de Kinshasa, et libéré vers 02H30 (01H30 GMT) mercredi, selon des sources sécuritaires et son parti.

Il transportait un deuxième passeport autre que le sien et un tas de documents inutilement subversifs, offensants, a déclaré à l'AFP sous couvert d'anonymat une source proche de l'ANR, évoquant des infractions avérées.

Il n'a pas déclaré un passeport qu'il emmenait pour une tierce personne. Quant aux autres documents, il s'agit d'un rapport interne au parti, avec photos, sur le processus électoral et notamment sur les violations des droits humains, a indiqué à l'AFP une source à l'UDPS, qui a également requis l'anonymat.

M. Shabani a été conduit dans les locaux de l'ANR où il a été dénudé, cagoulé et sauvagement torturé par des personnes cagoulées. Il sera par la suite relâché par le patron de l'ANR en personne, a affirmé dans une déclaration à la presse Raymond Kahungu Mbemba, secrétaire général adjoint du parti, après avoir recueilli le témoignage de M. Shabani.

Ce dernier a été emmené par ses proches dans un établissement de soins pour des examens, dont une radio, et pourrait être autorisé à rentrer d'ici jeudi, selon l'UDPS, qui entend porter plainte, de même que la corporation des avocats, M. Shabani étant lui-même avocat.

Selon l'UDPS, à au moins une reprise des agents de l'ANR seraient intervenus pour arrêter les violences. M. Shabani avait une main enflée et une ecchymose sur le front, a indiqué à l'AFP une autre personne qui l'a vu.

Interrogé sur ces accusations, la source proche de l'ANR a démenti et accusé l'UDPS de propager des balivernes et de distraire le peuple.

M. Shabani a été en première ligne avant et après les élections présidentielle et législatives du 28 novembre 2011, notamment lors de manifestations à Kinshasa ou pour dénoncer des multiples irrégularités lors des scrutins, également constatées par les missions d'observation nationales et internationales.

Etienne Tshisekedi, classé deuxième de la présidentielle, a rejeté la réélection du chef de l'Etat sortant Joseph Kabila, et s'est autoproclamé président élu.

Il a considéré comme nulles les législatives, remportées par le camp Kabila selon la Commission électorale. Les résultats définitifs doivent être donnés d'ici début avril par la Cour suprême, après traitement des recours.

(©AFP / 08 février 2012 19h30)