RDC: libération d'un député à l'origine d'une pétition contre la Commission électorale


KINSHASA - Le député de l'opposition Martin Fayulu, arrêté lundi après-midi à Kinshasa avec des collaborateurs alors qu'il faisait signer une pétition demandant notamment la démission immédiate du président de la Commission électorale, a été libéré, a-t-il annoncé à l'AFP.

Nous sommes retenus à la police. (...) Nous avons été arrêtés alors qu'on faisait signer la pétition demandant entre autres le départ du président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), l'abbé Apollinaire Malu-Malu, avait déclaré M. Fayulu dans un cours entretien téléphonique à l'AFP.

En début de soirée, il a annoncé à l'AFP sa libération, ainsi que celles de ses collaborateurs.

Nous étions huit, nous sommes tous sortis. Ils ont brutalisé un de mes membres. Nous avons dit que demain (mardi) nous allons recommencer, continuer à faire signer la pétition, a-t-il martelé, accusant la police de chercher à les intimider.

Nous (...) exigeons la démission immédiate de monsieur l'abbé Apollinaire Malu-Malu, indique la pétition datée du 17 février signée par des partis d'opposition, dont ceux réunis dans la plateforme Forces acquises au changement (FAC) que dirige M. Fayulu, un opposant très actif.

M. Fayulu a affirmé que la pétition avait recueilli environ 3.500 signatures à Kinshasa, et qu'une autre pétition doit notamment être lancée à Goma et Bukavu, deux capitales provinciales de l'Est.

Mi-janvier, l'abbé Malu-Malu, 52 ans, a annoncé des élections locales pour fin 2014.

Il ne donne aucun gage de transparence ni de neutralité dans l'organisation des élections, au contraire il démontre une inféodation à la mouvance kabiliste (du président Joseph Kabila) comme lors des élections de 2006 qu'il avait organisées, affirme la pétition.

L'abbé Malu-Malu avait présidé la Commission électorale indépendante (CEI), créée après les accords de paix inter-congolais de 2002, qui avait organisé en 2006-2007 les élections provinciales, législatives, sénatoriales et présidentielle - premières élections démocratiques du pays.

La CEI a par la suite été remplacée par la Céni, dirigée, avant la désignation de l'abbé Malu-Malu, par le pasteur Daniel Ngoy Mulunda. Ce dernier a travaillé pour le président Kabila en tant que conseiller spirituel, tandis que l'abbé Malu-Malu a été expert au service présidentiel d'études stratégiques.

M. Kabila et son camp ont remporté la présidentielle et les législatives contestées du 28 novembre 2011. L'opposition avait rejeté les résultats, accusant la Céni de fraude en faveur du pouvoir.

(©AFP / 24 février 2014 20h05)

News les plus lues