Rencontre UE-Japon sur l'après-nucléaire qui se prépare au Japon


TOKYO - Le Japon et l'Union européenne discutent ce week-end à Kyoto du futur mix énergétique que souhaite mettre en place le Japon en prévision de sa sortie du nucléaire, conséquence de l'accident nucléaire de Fukushima en mars 2011.

Le 14 septembre dernier, le gouvernement japonais a annoncé l'arrêt progressif et complet de la production nucléaire d'ici à trente ans, et pour cela va prendre toutes les mesures possibles.

Ce document, qui ne dit pas comment concrètement compenser l'arrêt du nucléaire, édicte trois principes : arrêter les réacteurs existants au bout de 40 ans d'existence, n'accepter le redémarrage des tranches suspendues qu'après des examens de sécurité, et ne plus construire de centrales.

Quelles expériences (d'un tel processus) sont disponibles immédiatement, quelles sont les institutions indépendantes qui peuvent donner des avis, comme utiliser les connaissances scientifiques pour guider et soutenir ce processus complexe ?, sont les principaux thèmes qui devaient être débattus durant la rencontre.

Les responsables des commissions d'enquête japonaises sur l'accident de la centrale Fukushima Daiichi devaient participer à cette rencontre.

Il faut être objectif : de quelle énergie dispose le Japon ? La première énergie, c'est celle que l'on ne consomme pas, a déclaré samedi à des journalistes la ministre française de l'Enseignement supérieur et de la recherche, Geneviève Fioraso.

Pour Mme Fioraso, qui devait participer à cette rencontre UE-Japon ainsi que dimanche au Forum international annuel STS (Science and Technology in Society), le Japon a réussi malgré une quasi absence de ressources énergétiques à renouer avec la croissance, mais compenser l'arrêt du nucléaire tant par des économies d'énergie que par le développement des énergies renouvelables s'avère selon elle difficile.

Sur un plan bilatéral, Mme Fioraso entend renforcer la coopération franco-japonaise, notamment en augmentant le nombre d'étudiants japonais en France: A peine 2.000 actuellement, alors que rien qu'à Grenoble il y a 2.000 étudiants chinois.

Un accord de coopération doit par ailleurs être signé dimanche entre l'Institut national (français) de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et la Société du Japon pour la promotion de la Science (JSPS).

A propos de l'énergie nucléaire, Mme Fioraso a souligné que la coopération franco-japonaise existante en matière d'énergies renouvelables, notamment les cellules photovoltaïques, est particulièrement importante du fait que les deux pays ont décidé de réduire la part de l'électricité d'origine nucléaire.

Evoquant samedi l'augmentation du budget de son ministère de 2,2% pour 2013 (22,95 milliards d'euros) dans un contexte de crise, Mme Fioraso a enfin estimé que la science et la recherche étaient au coeur de l'agenda de redressement productif, et du redressement tout court.

(©AFP / 06 octobre 2012 09h44)