Roumanie: démission du fondateur du service des urgences


BUCAREST - Le fondateur du service des urgences en Roumanie, Raed Arafat, a démissionné mardi de ses fonctions au sein du ministère de la Santé pour protester contre les projets de commercialisation de ce service vital dans une réforme de la santé donnant une large place au privé.

Ce n'est pas la première fois qu'il y a eu des tentatives d'ouvrir les urgences à la concurrence commerciale, pour faire fonctionner ce service comme un marché (...) mais nous allons détruire ce que nous avons, un système intégré et qui fonctionne. C'est une voie sans retour et c'est pour cela que j'ai l'obligation d'avertir, a déclaré M. Arafat lors d'une conférence de presse.

D'origine palestinienne, M. Arafat était venu en Roumanie comme étudiant. Il est resté dans ce pays dont il a pris la citoyenneté et a occupé des postes de secrétaire d'Etat ou sous-secrétaire d'Etat à la Santé des gouvernements de couleurs politiques différentes.

La démission du fondateur du système des urgences actuel, très apprécié et décoré de l'Ordre national du mérite par deux présidents roumains, a suscité un choc alors que le gouvernement de centre-droit a soumis fin décembre au débat public un vaste projet de réforme du système de santé, très défaillant en Roumanie, selon les experts.

Cette loi prévoit de s'appuyer davantage sur les opérateurs privés.

M. Arafat a rappelé qu'il soutient la réforme mais ne souscrit pas au chapitre sur les urgences, un service public et intégré développé sur le modèle de ceux des pays d'Europe de l'ouest avec l'aide de la Banque mondiale.

Bien sûr, ce système n'est pas parfait, comme partout, mais c'est un système qui a été loué par de nombreux spécialistes des pays développés, a-t-il souligné.

M. Arafat a regretté que les experts techniques y compris lui-même soient exclus des débats sur les urgences dans la commission pilotant cette vaste réforme du système de santé.

Le président roumain Traian Basescu, partisan de la réforme proposée y compris dans le domaine des urgences, avait accusé lundi M. Arafat d'avoir une vision gauchiste alors que d'autres pays ont privatisé complètement leurs systèmes d'urgences.

(©AFP / 10 janvier 2012 17h35)