Sarkozy veut augmenter la TVA, créer la taxe sur les transactions financières


PARIS - Le président français Nicolas Sarkozy a annoncé dimanche soir une augmentation de la TVA pour financer la protection sociale et alléger le coût du travail, lors d'une émission télévisée consacrée à la dernière série de réformes qu'il compte pousser avant la présidentielle.

Le président a indiqué que le gouvernement proposerait d'augmenter de 1,6 point (de pourcentage) la TVA pour compenser un allègement des charges sociales pesant sur les entreprises. Cette mesure ne rentrera en application qu'au 1er octobre. Nous espérons que cela va déclencher (d'ici là) des achats par anticipation qui vont doper la croissance, a-t-il ajouté.

Le but de la réforme est de rétablir la compétitivité de l'économie française et stopper l'hémorragie d'emplois industriels. Depuis 10 ans, la France a perdu 500.000 emplois industriels, a-t-il dit, notant que sur un salaire de 4.000 euros, les charges s'élèvent à 840 euros en Allemagne et au double en France.

Il a insisté sur le fait que sa réforme de la protection sociale, visant à faire peser son coût davantage sur la consommation et moins sur le travail, était inspirée par l'action du chancelier social-démocrate allemand Gerhard Schröder au début des années 2000.

Le taux normal de TVA passera à 21,2%, ce qui permettra de financer des exonérations de charges de 13 milliards d'euros.

Le président français a expliqué que ces allègements ne porteraient que sur les cotisations sociales patronales et pas du tout sur celles supportées par les salariés, car leur but est exclusivement d'agir sur la compétitivité des entreprises.

Sur le même chapitre de la compétitivité, Nicolas Sarkozy a encouragé l'ouverture de négociations au sein des entreprises pour s'affranchir de la semaine de travail de 35 heures, une des réformes emblématiques de la gauche entrée en vigueur en 2000.

Dans le même domaine, Nicolas Sarkozy a annoncé la création dès février d'une banque de l'industrie, dotée d'un milliard d'euros de fonds propres, afin de compléter les actions d'une banque publique déjà dédiée aux petites et moyennes entreprises (PME).

Dans ce train de dernières mesures avant l'élection présidentielle, qui aura lieu les 22 avril et 6 mai, figure également la taxe sur les transactions financières, que la France lancera seule en espérant être rejointe rapidement par certains de ses partenaires européens.

Nous avons trouvé un dispositif qui permet d'éviter les délocalisations puisque toute entreprise cotée en France, même si on l'achète à New York, paiera une taxe de 0,1%, les CDS (credit default swaps, ndlr), qui sont des instruments spéculatifs sur la dette souveraine, paieront une taxe, et les achats spéculatifs par ordinateur paieront une taxe, a-t-il expliqué.

Avec cette taxe de 0,1%, nous espérons récupérer pour le budget de l'Etat -et donc réduire les déficits- un milliard d'euros en année pleine, a-t-il indiqué. Ce que nous voulons, c'est provoquer un choc, montrer l'exemple, a-t-il dit.

Le président français, qui a très clairement laissé entendre qu'il serait candidat à l'élection présidentielle, a affirmé que ces réformes s'inscrivaient dans un contexte d'amélioration sur le front de la crise de la zone euro.

Les éléments d'une stabilité de la situation financière du monde et de l'Europe sont posés, a-t-il déclaré. L'Europe n'est plus au bord du gouffre, a-t-il estimé, à la veille d'un sommet européen à Bruxelles.

Il a également indiqué que le déficit public de la France serait meilleur que prévu pour 2011, à 5,4% du Produit intérieur brut (PIB) ou peut-être à 5,3%, contre les 5,7% qui étaient prévus initialement.

(©AFP / 29 janvier 2012 22h02)

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