Schäuble: l'Europe doit se doter d'une véritable union budgétaire


FRANCFORT - Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a répété dans un entretien publié mardi qu'avant de parler d'euro-obligations ou d'union bancaire, une véritable union budgétaire était nécessaire en zone euro, un projet de moyen terme.

Nous devons avancer pas à pas a-t-il déclaré au quotidien économique Handelsblatt, et en premier lieu avec le pacte budgétaire (européen), adopté en mars par 25 des 27 pays de l'Union européenne, qui a ouvert la voie à plus d'intégration en zone euro.

M. Schäuble a ainsi répété la position défendue depuis des semaines par Berlin, au lendemain d'un entretien de la chancelière Angela Merkel avec le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, en visite dans la capitale allemande, au cours duquel le sujet de l'union bancaire a été abordé.

Nous allons également évoquer dans quelle mesure nous devons placer les banques systémiques sous un organe de contrôle européen spécifique pour que les intérêts nationaux ne jouent pas le rôle dominant, a ainsi déclaré Mme Merkel.

La Commission a appelé à renforcer l'intégration de la zone euro à travers une union bancaire et en permettant à son nouveau fonds de sauvetage, le MES, de participer directement à la recapitalisation des banques, deux idées également défendues par la Banque centrale européenne (BCE).

Pour Bruxelles, le déploiement, à l'échelle européenne, d'une surveillance financière et de systèmes de garantie des dépôts, confèrera en outre une plus grande légitimité démocratique à la poursuite de l'intégration.

Mais pour Berlin, de telles mesures ne peuvent être que l'aboutissement d'un long processus d'intégration et non son prélude.

Nous ne voyons pas comment de telles réflexions pourraient aider à surmonter la crise à court terme, avait déclaré la semaine dernière un porte-parole du ministère des Finances, ajoutant que ces sujets seront sûrement discutés en juin à l'Ecofin et au sommet européen, en référence à une réunion le 22 juin à Luxembourg des ministres des Finances de la région, et au sommet européen des 28 et 29 juin à Bruxelles.

Dans son entretien au Handelsblatt, M. Schäuble a par ailleurs défendu la rigueur prônée par l'Allemagne: Il n'y a pas de chemin facile pour la Grèce ou l'Espagne et les pays touchés ne peuvent pas éviter les réformes pour redevenir compétitifs, a-t-il souligné.

(©AFP / 05 juin 2012 11h57)