Serbie : la Roumanie a demandé des garanties normales sur les minorités


BUCAREST - La Roumanie a demandé des garanties normales sur le droit des minorités en Serbie en vue de donner son accord à l'octroi du statut de candidat à l'Union européenne (UE) à ce pays des Balkans, a déclaré au téléphone à l'AFP le ministre des Affaires étrangères roumain Cristian Diaconescu.

Les ministres de l'UE chargés des Affaires européennes ont recommandé mardi à Bruxelles, au terme de laborieuses discussions, d'octroyer à la Serbie le statut de candidat à l'entrée dans l'Union européenne, mais sans prendre de décision immédiate.

La Roumanie a bloqué un accord immédiat en réclamant des garanties concernant le respect de la minorité roumaine de Serbie qui compterait environ 30.000 personnes, a-t-on indiqué de sources diplomatiques. L'octroi du statut de candidat requiert l'unanimité des Vingt-Sept.

On ne peut pas parler de blocage, a estimé M. Diaconescu, soutenant que la Roumanie avait adopté une position de fond substantielle afin de défendre les droits des minorités dans une zone, les Balkans occidentaux, qui a une histoire compliquée dans ce domaine.

Il a expliqué que la Roumanie était tombée d'accord sur la recommandation en faveur de la Serbie après avoir obtenu, entre autres, que la Commission européenne rédige un rapport concernant les progrès sur le droit des minorités d'ici au mois de septembre 2012.

Le ministre roumain a aussi espéré que les deux pays signeraient le plus rapidement possible un protocole sur les minorités.

La Roumanie souhaite notamment que soit évaluée la manière dont sont respectés les droits de la minorité valaque/roumaine du Timoc (est de la Serbie). Bucarest a demandé à plusieurs reprises que ce groupe bénéficie d'un enseignement dans sa langue et de suffisamment de lieux de culte.

Pour sa part, depuis Bruxelles, le président serbe Boris Tadic a déclaré à la télévision nationale serbe que le problème avait pour origine la demande des autorités roumaines que tous les citoyens serbes qui se déclarent comme des Valaques, soient considérés en même temps comme des Roumains.

La Serbie ne l'acceptera à aucun prix car une telle démarche va contre les standards européens, a-t-il souligné.

Chaque citoyen de la Serbie peut déclarer (son appartenance à une ethnie) conformément à son sentiment et il est assez complexe de trouver une solution ici, a ajouté M. Tadic.

La décision d'octroyer le statut de candidat à la Serbie reviendra aux chefs d'Etat et de gouvernement des Vingt-Sept qui se réunissent en Sommet jeudi et vendredi à Bruxelles.

A ce Sommet, Bucarest défendra par ailleurs de manière catégorique son droit à entrer dans l'espace Schengen, de libre circulation, a déclaré M. Diaconescu.

Nous remplissons les critères, il n'est pas normal de tergiverser sur la décision pour des raisons de politique intérieure, a-t-il ajouté, faisant implicitement allusion aux Pays-Bas qui s'opposent toujours à l'entrée de la Roumanie et de la Bulgarie dans l'espace Schengen.

La Roumanie attribue cette opposition au fait que le Parti de la liberté (PVV) d'extrême droite soutient la coalition au pouvoir aux Pays-Bas.

La Haye demande des progrès irréversibles en matière de lutte contre la corruption.

(©AFP / 28 février 2012 20h48)