Shell: le gaz de schiste et le Nigeria plombent le bénéfice au 2T


LONDRES - Le géant pétrolier anglo-néerlandais Royal Dutch Shell a accusé une chute de son bénéfice au deuxième trimestre, sous le poids d'une lourde provision liée au gaz de schiste aux Etats-Unis et de vols de brut au Nigeria.

Le bénéfice net du groupe a chuté de 57% sur la période à 1,737 milliard de dollars tandis que le bénéfice à coûts courants (CSS), qui exclut notamment la variation de valeur des stocks d'hydrocarbures et est considéré comme un indicateur clef, a chuté pour sa part de 60% à 2,394 milliards de dollars.

La production du groupe a elle reculé de 1% à 3,062 millions de barils équivalent pétrole par jour.

Des résultats clairement décevants pour Shell, a regretté le directeur général Peter Voser.

Le patron - qui a annoncé en mai son départ pour se consacrer à sa famille et sera remplacé par Ben van Beurden, responsable de l'activité aval, à compter du 1er janvier prochain - a mis cette mauvaise performance sur le compte de coûts plus élevés, de charges d'exploration, d'effets de change défavorables et de problèmes au Nigeria.

Dans le détail, le groupe a dû passer dans ses comptes une dépréciation d'environ 2 milliards de dollars, liée principalement à des actifs dans le gaz de schiste aux Etats-Unis. Sous le poids de cette provision, sa division nord-américaine a plongé dans le rouge et devrait le rester au deuxième semestre.

La dégradation de la situation au Nigeria, où le vol de pétrole brut est un problème majeur, a coûté par ailleurs au groupe 250 millions sur le trimestre.

Les vols de pétrole et les interruptions des livraisons de gaz posent des dommages environnementaux étendus au Nigeria et pourraient coûter au gouvernement 12 milliards de dollars de revenus par an, a estimé Shell. Nous jouerons notre rôle mais ce ne sont pas des problèmes que Shell ne peut pas résoudre tout seul, a insisté M. Voser.

Pour tenter de redresser la barre, Shell est en train de passer en revue ses activités en Amérique du Nord et au Nigeria en vue de se séparer des actifs les moins stratégiques et de se concentrer sur les plus rentables.

Au Nigeria, cet examen pourrait se solder par la cession d'actifs représentant de 80 à 100.000 barils par jour, a détaillé Shell.

A la Bourse de Londres, les investisseurs affichaient clairement leur déception et l'action A du groupe chutait de 5,03% à 2.125,5 pence, vers 09H40 GMT, dans un marché en hausse de 0,45%.

Le géant pétrolier a déçu sévèrement les investisseurs alors que le trimestre difficile vécu par Shell semble résumer les défis des majors pétrolières (...), l'Afrique et le Nigeria en particulier restant des lieux difficiles sur le plan opérationnel, a commenté Keith Bowman de Hargreaves Lansdown Stockbrokers.

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ROYAL DUTCH SHELL

(©AFP / 01 août 2013 11h56)