Slovénie: le président propose un banquier comme Premier ministre


LJUBLJANA - Le président slovène Danilo Türk a proposé mercredi de manière informelle un banquier, Marko Voljc, comme Premier ministre à la suite de l'échec de Zoran Jankovic, vainqueur des élections législatives, à obtenir une majorité au Parlement.

Prenant acte du rejet par le Parlement de la nomination du maire centre-gauche de Ljubljana, le millionnaire Zoran Jankovic, le président Danilo Türk a cette fois mis en avant un technocrate, le banquier Marko Voljc.

Agé de 62 ans, M. Voljc a dirigé la plus importante banque slovène, Nova Ljubljanska banka (NLB) entre 1992 et 2004. Il est aujourd'hui directeur pour l'Europe de l'est et l'Europe centrale du groupe belge de bancassurance KBC. Il a également travaillé de 1979 à 1992 pour la Banque mondiale, dont il a dirigé la représentation en Amérique centrale.

Au cours d'une conférence de presse à Ljubljana, Danilo Türk a indiqué que Marko Voljc avait donné son accord, à condition de recevoir un large soutien des partis politiques. C'est un homme qui jouit d'une bonne réputation, d'excellentes références et qui est capable de faire face aux difficultés et de résoudre les problèmes.

C'est maintenant aux partis politiques d'exprimer leur position sur cette candidature, a ajouté le président Türk.

Le premier dirigeant politique à s'exprimer à ce sujet a précisément été Zoran Jankovic, qui s'est déclaré mercredi soir prêt à soutenir Marko Voljc.

D'ici au 25 janvier, un candidat au poste de Premier ministre doit être présenté au Parlement, soit par le chef de l'Etat, soit par au moins dix députés. Le Parlement doit voter sur ce candidat au plus tard fin janvier.

Le 11 janvier, le Parlement slovène avait rejeté la nomination comme Premier ministre de Zoran Jankovic, du jamais vu dans l'histoire du pays. Il avait pourtant été le vainqueur-surprise du scrutin anticipé du 4 décembre, dont le grand favori Janez Jansa, ancien chef du gouvernement conservateur, était arrivé seulement en deuxième position.

Mais au Parlement, M. Jankovic n'avait recueilli que 42 votes favorables, sur 90.

Pourtant, outre l'appui de son propre parti de centre-gauche Slovénie positive, créé peu avant les élections, il avait reçu le soutien du Parti social-démocrate du chef du gouvernement sortant Borut Pahor, du Parti des retraités DESUS et de la Liste citoyenne de centre-droit de Gregor Virant. Cela lui laissait espérer un vote favorable de 52 députés.

Le petit pays, indépendant depuis 1990, membre de l'UE depuis 2004 et de la zone euro depuis 2007, est englué dans une crise politique interminable. Il avait déjà dû organiser des élections anticipées après la chute du gouvernement du socialiste Borut Pahor, dont la coalition avait éclaté en raison après une réforme des retraites controversée et rejetée par les électeurs.

Le pays a pourtant plus que jamais besoin d'un gouvernement stable. Cet Etat de deux millions d'habitants issu de l'ex-Yougoslavie, dépendant des exportations, est confronté à une grave crise économique et financière. L'économie flirte avec la récession, le taux de chômage grimpe (11,9% de la population active en novembre 2011) et la dette publique augmente rapidement (45,5% du Produit intérieur brut en 2011).

(©AFP / 18 janvier 2012 22h22)