Sortie du nucléaire: la Suisse propose un premier paquet de mesures


GENEVE - La consommation moyenne d'énergie par personne et par an doit être réduite de 35% par rapport à l'an 2000 à l'horizon 2035, selon le premier paquet de mesures proposé par le gouvernement suisse dans l'optique de la sortie du nucléaire décidée après la catastrophe survenue à Fukushima.

Le projet de révision de la loi sur l'énergie, présenté vendredi, prévoit par ailleurs de développer la production annuelle de la force hydraulique et de faire progresser la part des autres énergies renouvelables.

Berne entend aussi promouvoir les assainissements énergétiques des bâtiments et durcir les normes de construction.

Dans le domaine du transport, l'efficacité sera notamment augmentée par des prescriptions d'émissions de CO2 plus sévères pour les nouvelles voitures de tourisme.

Dans le secteur de l'industrie, les autorités entendent conclure des conventions d'objectifs contraignantes avec des entreprises et fixer notamment des prescriptions de consommation d'énergie pour les appareils électriques et pour l'éclairage plus strictes.

Le gouvernement suisse souhaite aussi autoriser des installations de production photovoltaïque décentralisées pour que leurs propriétaires puissent consommer l'électricité qu'elles produisent. Seul l'excédent d'énergie devra être injecté dans le réseau suisse.

En outre, le ministère des Finances est chargé de préparer une réforme fiscale écologique pour la deuxième phase de sa stratégie énergétique (2020/2050). Un projet sera élaboré en ce sens d'ici à 2014.

Malgré tous ces efforts, le gouvernement, qui ne chiffre pas les coûts de la réforme, admet qu'il sera nécessaire toutefois de développer temporairement la production d'électricité fossile avec le couplage chaleur-force (CCF) et probablement avec des centrales à gaz à cycles combinés jusqu'à ce que les besoins énergétiques puissent être intégralement couverts par les énergies renouvelables.

En outre, les prix de l'électricité devraient augmenter de 20 à 30%, selon la ministre de l'Energie et de l'Environnement, Doris Leuthard citée samedi dans le journal Le Matin.

Mais le prix augmenterait de toute manière avec le nucléaire, en regard des investissements nécessaires, souligne-t-elle.

Pour l'instant, la nouvelle stratégie énergétique du gouvernement ne satisfait guère les milieux environnementaux et la droite.

Les organisations écologistes et la gauche regrettent qu'aucune date ne soit fixée pour l'arrêt des centrales nucléaires, tandis que les milieux économiques s'interrogent sur la sécurité de l'approvisionnement une fois que les centrales nucléaires auront cessé de fonctionner.

En septembre 2011, le parlement suisse a approuvé la sortie progressive du nucléaire. La Suisse compte actuellement cinq réacteurs nucléaires, qui seront mis peu à peu hors service d'ici à 2034.

Afin d'y parvenir, la Suisse mise sur une transformation par étapes de son système énergétique, un long processus qui devrait être financé par diverses taxes dont les modalités ne sont pas encore déterminées.

Le premier paquet de mesures proposé par le gouvernement est mis en consultation jusqu'à fin janvier 2013 auprès des cantons et des milieux intéressés afin de connaître leurs positions.

La Suisse dépense aujourd'hui de l'ordre de 31 milliards de francs suisses (25,6 milliards d'euros) par an pour l'énergie, dont près de 9 milliards pour l'électricité.

(©AFP / 29 septembre 2012 10h35)