Syrie : nous pensons que c'est une attaque chimique du régime Assad


LONDRES (Angleterre) - Le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague a déclaré vendredi, dans une allocution télévisée, que, selon Londres, les bombardements près de Damas mercredi avaient été une attaque chimique du régime Assad.

Nous pensons que c'est une attaque chimique du régime d'Assad de grande ampleur, mais nous voulons que les Nations unies puissent l'établir, a déclaré le chef de la diplomatie britannique dans une intervention diffusée sur Sky News et la BBC.

La seule explication possible à ce que nous avons pu voir est qu'il s'agissait d'une attaque chimique, a-t-il répété, ajoutant qu'il n'y a pas d'autre explication plausible avec autant de victimes dans une si petite zone.

C'est quelque chose qu'un monde humain et civilisé ne peut pas ignorer, a-t-il jugé.

Il a rejeté toute hypothèse suggérant que l'attaque aurait pu être truquée par les rebelles syriens pour faire accuser à tort le régime d'Assad.

Je pense que les chances que cela ait eu lieu sont ridiculement faibles, a-t-il dit.

Notre priorité est de nous assurer que le monde ait connaissance des faits qui se sont passés, a-t-il indiqué.

Il a précisé s'être entretenu avec le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, le chef de la diplomatie américaine John Kerry et des autorités de beaucoup d'autres pays comme les ministres turc et qatari des Affaires étrangères et a indiqué espérer parler avec mon homologue russe plus tard dans la journée.

Notre priorité en ce moment est de nous assurer que l'équipe des Nations unies peut enquêter sur le terrain pour établir les faits, a également dit M. Hague.

Elle n'a pas encore été en mesure d'y aller et il semble que le régime d'Assad ait quelque chose à cacher. Pour quelle autre raison n'a-t-il pas autorisé l'équipe onusienne à se rendre sur place, s'est-il interrogé.

Si cela n'a pas lieu dans les prochains jours, car le temps est fondamental dans ces cas-là, -les preuves vont se détériorer au cours des prochains jours-, alors nous devrons être prêts à retourner devant le Conseil de sécurité pour obtenir un mandat plus puissant et que le monde puisse parler d'une seule voix avec plus de force sur cette question de façon à ce qu'il puisse y avoir un accès aux lieux des bombardements, a-t-il ajouté.

Nous devons maintenant établir les faits, a-t-il dit, mais, bien sûr, nous n'écartons aucune option pour le futur, tant qu'elles respectent les lois internationales et peuvent sauver des vies humaines.

Une offensive a eu lieu mercredi dans la Ghouta orientale et à Mouadamiyat al-Cham, des secteurs à la périphérie de Damas aux mains des rebelles, qui a fait un nombre de victimes encore indéterminé.

L'opposition a évoqué 1.300 morts et accusé le régime d'avoir procédé à ces attaques avec des gaz toxiques.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui s'appuie sur un large réseau de militants et de médecins, a, quant à lui, comptabilisé 170 morts et n'a pu confirmer l'utilisation d'armes chimiques.

Le régime a de son côté nié en bloc l'utilisation de telles armes.

(©AFP / 23 août 2013 14h57)