Tunisie: émotion à l'ANC pour la journée des droits de l'Homme


Tunis - Le président de l'Assemblée nationale constituante (ANC) tunisienne, M. Mustapha Ben Jaafar, a marqué son émotion lors de la reprise des travaux de l'Assemblée coïncidant avec la journée internationale des droits de l'Homme.

Permettez moi de commencer par une commémoration d'une journée grandiose et de m'incliner devant les militants et défenseurs des droits de l'homme dans le monde entier, a déclaré en larmes M. Ben Jaafar dans l'hémicycle du palais du Bardo où siègent des élus ayant connu pour la plupart la prison, la répression et la torture.

M. Ben Jaafar a salué la lutte et les sacrifices des militants de la liberté en Tunisie, soulignant le rôle de la Ligue de défense des droits de l'Homme (LTDH) et du Conseil national des libertés, deux parmi les associations brimées ou interdites sous l'ancien régime.

Le président de l'ANC est co-fondateur et dirigeant de la LTDH, la première du genre à voir le jour en 1977 dans le monde arabe et en Afrique et dont les activités avaient été paralysées durant des années jusqu'à la chute de Ben Ali sous la pression d'une révolte populaire le 14 janvier.

Pour la première fois, nous célébrons cette journée dans la liberté grâce à la révolution du peuple pour sa dignité et ses droits..., a lancé M. Ben Jaafar la gorge nouée. Auparavant, il s'était fait remettre solennellement par le président de la LTDH Abdessattar Ben Moussa un mémorandum demandant l'inscription des principes des droits humains dans la future Constitution.

La rédaction de cette constitution sera la principale tâche de l'ANC dominée par le parti islamiste Ennahda (89 élus sur 217) et ses co-alliés, deux partis de gauche.

La LTDH célébrait de son côté samedi le 63e anniversaire de la déclaration universelle des droits de l'Homme sur le thème une Constitution qui garantit les droits humains.

A l'ANC, l'émotion a fait place à une tempête de protestations et d'humour noir, lorsque Brahim Kassas, un élu de la Pétition populaire parrainée par l'homme d'affaires londonien Hechmi Hamdi s'est plaint d'atteinte à son intégrité de la part d'un collègue l'ayant dénommé Brahim Bassas (pétomane en arabe).

Issu de Kébili (sud), M. Kassas s'est illustré par son habit traditionnel du sud tunisien et par ses envolées oratoires dans les débats ouverts le 5 décembre.

Des excuses ont été présentées et le président a fermement clos l'incident pour reprendre la discussion des six articles restants de la loi sur l'organisation provisoire des pouvoirs.

Le vote de ce texte devait intervenir en fin de journée et permettre la désignation d'un nouvel exécutif qui dirigera la Tunisie jusqu'aux prochaines élections générales et la promulgation d'une nouvelle constitution.

(©AFP / 10 décembre 2011 14h24)

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