Tunisie: la coalition progressiste du PDM dénonce des violences


TUNIS - Le coordinateur du Pôle démocrate progressiste (PDM), principale coalition de gauche en lice pour l'élection de dimanche en Tunisie, a dénoncé mercredi plusieurs actes de violences contre ses militants au cours des trois dernières semaines.

Nous avons été l'objet d'attaques directes et ciblées dans plusieurs endroits, a déclaré lors d'une conférence de presse Riadh Ben Fadhel, coordinateur du PDM composé de cinq formations autour du parti Ettajdid (Renouveau, ex-communiste).

Nous dénonçons ces actes de violence perpétrés sur fond de dénigrement sur internet et coïncidant avec la montée de notre coalition au cours des trois dernières semaines, a-t-il ajouté.

Ces violences ont eu lieu notamment à Médenine, Tozeur et Sfax (sud), Kasserine (ouest), Tunis, Monastir (centre) et à Ksar Helal, une localité du Sahel (côte-est) où une militante a été blessée et son agresseur, un jeune islamiste, arrêté et identifié, a précisé Jouneidi Abdeljawad, un dirigeant d'Ettajdid.

Ce matin même nous avons reçu un appel au secours de nos représentants à Kébili (sud), empêchés de tractages, et de militantes attaquées dans la rue par des partisans d'Ennahda et du Congrès pour la République (CPR), a affirmé un autre responsable.

Plusieurs de nos locaux ont été saccagés et nous avons dû tripler nos équipes pour protéger les candidats en campagne, a ajouté Riadh Ben Fadhel.

Interrogé sur la constitution d'un front de plusieurs partis pour contrer les islamistes, le PDM a démenti toute alliance avant le scrutin de dimanche.

Dès la constitution du PDM, nous avons appelé, voire mendié pour faire un front, et ce n'est pas à quelques jours du scrutin qu'on s'alliera à ceux qui ont choisi de faire cavalier seuls, a-t-il dit en référence au PDP d'Ahmed Néjib Chebbi et à Ettakatol de Mustapha Ben Jaafar.

Les alliances se feront naturellement dans la future constituante à l'exclusion, pour nous, des forces qui ne respectent pas la séparation entre politique et religion et des RCDistes (du RCD, ancien parti de Ben Ali) qui ont sali la constitution de 1959, a tranché Jouneidi Abdeljawad.

Si elle avait été constituée en amont, une telle alliance aurait été la première force pour la protection de ceux qui s'inquiètent de l'émergence des forces non démocratiques, et les réseaux du RCD n'auraient pas été revivifiés, a déploré Mahmoud Ben Romdhane, économiste.

La coalition s'est prononcée pour un gouvernement national de technocrates, contrôlé par l'assemblée constituante et qui aura pour tâche urgente de remettre le pays sur les rails.

L'assemblée se consacrera, elle, à la rédaction de la Constitution et de nouvelles lois, selon les dirigeants du PDM.

(©AFP / 19 octobre 2011 16h31)

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