UE: la politique israélienne érode la viabilité d'un Etat palestinien


JERUSALEM - La colonisation israélienne en Cisjordanie occupée et les restrictions imposées aux Palestiniens érodent rapidement la viabilité d'un futur Etat palestinien, affirme un rapport interne de l'Union européenne obtenu jeudi par l'AFP.

L'ouverture en faveur d'une solution à deux Etats (israélien et palestinien) est en train de se refermer rapidement avec la poursuite de l'expansion des colonies israéliennes et les restrictions de mouvement imposées aux Palestiniens en zone C, selon ce rapport des chefs de mission des pays de l'Union européenne (UE) à Jérusalem et à Ramallah (Cisjordanie).

Aux termes de l'accord dit d'Oslo II de septembre 1995 entre l'OLP et Israël, la Cisjordanie est partagée en zone A, sous contrôle civil et sécuritaire palestinien, zone B (sous contrôle civil palestinien et sécuritaire israélien) et C (sous contrôle civil et sécuritaire israélien).

Fait notable, ce rapport interne de l'UE, daté de juillet 2011, se penche spécifiquement sur la zone C --en évoquant notamment la vallée du Jourdain--, qui représente 62% de la Cisjordanie.

Intitulé Zone C et édification de l'Etat palestinien, le document encourage Israël à changer sa politique et son système de planification en zone C et à y promouvoir le développement économique.

Un responsable gouvernemental israélien, interrogé par l'AFP, a fustigé la méthodologie malhonnête de l'UE en l'accusant de préparer des rapports secrets sans nous demander des informations ou une réaction et en se fondant seulement sur des données venant des Palestiniens.

Il a accusé les consuls européens basés à Jérusalem de se mettre au service de la lutte politique et de la propagande palestiniennes.

La porte-parole de la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, Maja Kocijancic, a qualifié le document de rapport interne et factuel de la situation sur le terrain qui a pour objet de servir de source d'information à l'Union européenne et au processus d'élaboration de sa politique.

En tant que tel, il doit aider l'UE a déterminer la meilleure façon de parvenir à l'objectif d'une solution à deux Etats dans le cadre du processus de paix au Proche-Orient, a-t-elle précisé à l'AFP à Bruxelles.

Le ton a récemment monté entre Israël et l'UE, le ministre israélien des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, ayant carrément accusé l'Allemagne, la France, le Portugal et le Royaume-Uni de se rendre insignifiants après que ces derniers aient condamné la décision israélienne d'accélérer la construction dans les colonies.

(©AFP / 12 janvier 2012 21h36)