USA: Capital One 1ère cible du nouveau bureau de protection des consommateurs


NEW YORK - Le nouveau Bureau américain de protection des consommateurs face aux services financiers, le CFPB, a annoncé qu'il avait pris une première sanction contre l'émetteur de cartes de crédit Capital One, sommé de rembourser 140 millions de dollars et de verser une amende de 25 millions de dollars.

Ces mesures font suite à une enquête du CFPB (Consumer financial protection bureau) qui a identifié des tactiques marketing trompeuses utilisées par les vendeurs de Capital One pour pousser les consommateurs à payer des frais supplémentaires pour des services comme la protection des paiements ou la surveillance de la solvabilité, a expliqué le CFPB dans un communiqué daté de mardi.

La mesure prise aujourd'hui remet 140 millions de dollars dans les poches de deux millions de clients de Capital One, qui avaient été poussés à acheter des produits qu'ils ne comprenaient pas, ne voulaient pas, et dans certains cas ne pouvaient même pas utiliser, a souligné le directeur du CFPB, Richard Cordray, cité dans un communiqué.

Le CFPB est une autorité créée par la loi de réforme de la régulation financière de juillet 2010. L'opposition républicaine au président Barack Obama a longuement bataillé pour rogner ses prérogatives et a toujours voté contre les candidats choisis pour le diriger.

M. Cordray, un démocrate qui s'était illustré en poursuivant des banques pour leurs abus dans les prêts immobiliers à son poste précédent de ministre de la Justice de l'Ohio (Nord), avait fini par être nommé par décret en début d'année.

Pour Capital One, un établissement basé en banlieue de Washington à McLean (Virginie), les sanctions du CFPB s'ajoutent à celles décidées en parallèle par une autre autorité de régulation, l'OCC (Office of the comptroller in the currency), qui portent sa facture totale à 210 millions de dollars.

La banque a expliqué mercredi dans un communiqué qu'entre août 2010 et janvier 2012, certains de ses vendeurs n'ont pas toujours suivi les instructions et les textes qu'elle leur fournissait pour leurs arguments de vente.

Ces démarches marketing ne correspondaient pas aux instructions explicites que nous fournissions aux agents sur la façon de vendre ces produits. Nous présentons des excuses aux clients touchés et nous engageons à réparer les dommages, a déclaré le président des activités de cartes de crédit de Capital One, Ryan Schneider, cité dans un communiqué.

Les clients devraient être remboursés plus tard dans l'année, selon lui.

Capital One affirme avoir découvert ces pratiques fin 2011 et y avoir immédiatement mis fin.

L'option de protection de paiement permet de réclamer l'annulation de jusqu'à 12 mois de paiements minimums (environ 1% de l'encours de crédit sur la carte, selon le CFPB) en cas de chômage ou d'invalidté temporaire, et d'annuler la dette en cas de décès ou d'invalidité permanente.

L'option de surveillance de la solvabilité fournit des services de protection contre le vol d'identité et, dans certains cas, une surveillance quotidienne de l'utilisation de la carte, explique le CFPB, en précisant que ces produits étaient proposés avec insistance aux consommateurs ayant une faible réputation de solvabilité. Parfois, on leur faisait croire que ces produits étaient obligatoires ou gratuits, alors qu'ils étaient optionnels et payants.

L'action Capital One perdait 2,11% à 54,65 dollars vers 16H00 GMT.

CAPITAL ONE FINANCIAL

(©AFP / 18 juillet 2012 18h29)