Un Etat ne peut être qu'un premier pas vers la libération de la Palestine


TEHERAN - La reconnaissance éventuelle d'un Etat palestinien par les Nations unies ne pourrait être qu'un premier pas vers la libération de toute la Palestine (...) qui doit être un objectif sacré, a déclaré vendredi le président iranien Mahmoud Ahmadinejad.

Tous les croyants doivent se concentrer sur la disparition du régime sioniste. La reconnaissance du gouvernement indépendant palestinien (par les Nations unies, ndlr) n'est pas l'objectif final, c'est le premier pas vers la libération de toute la Palestine, a déclaré M. Ahmadinejad à l'occasion de la Journée de Jérusalem organisée tous les ans par Téhéran en soutien à la cause palestinienne.

Le régime sioniste est un foyer de microbes et de cellules cancéreuses, s'il perdure ne serait-ce que sur une petite parcelle de la terre de Palestine, il se développera et portera des coups à tout le monde, a une nouvelle fois réaffirmé le président iranien qui s'exprimait lors de la prière du vendredi à l'université de Téhéran.

M. Ahmadinejad, coutumier des attaques au vitriol contre l'Etat hébreu, a réaffirmé au passage que l'Holocauste était un grand mensonge destiné à justifier la création de l'état d'Israël.

Les Palestiniens comptent demander en septembre l'admission d'un Etat de Palestine à l'ONU à l'occasion de l'Assemblée générale de l'organistation à New York, faute de perspective sérieuse de reprise des négociations de paix avec Israël.

Mais cette option est rejetée catégoriquement par l'Etat hébreu et Washington, qui a annoncé son intention d'y opposer son veto.

Seul le Conseil de sécurité (10 membres non permanents, 5 membres permanents avec droit de veto) est habilité à statuer sur l'entrée à l'ONU d'un Etat, à condition que la candidature obtienne au moins neuf voix, sans veto d'un membre permanent (Chine, États-Unis, Russie, France et Royaume-Uni).

Le président Ahmadinejad a prononcé son discours à l'issue d'une manifestation anti-israélienne officielle qui a réuni des dizaines de milliers de personnes à Téhéran selon des images de la télévision iranienne.

Des manifestations similaires ont eu lieu dans les grandes villes du pays, comme chaque année lors de la journée de Qods organisée par le pouvoir le dernier vendredi de ramadan.

M. Ahmadinejad est également revenu sur la situation dans les pays arabes de la région, secoués par des mouvements de protestation depuis plusieurs mois, pour mettre en garde contre les ingérences des Occidentaux.

Aujourd'hui, les ennemis qui étaient à l'origine de toutes les dictatures, des injustices et des malheurs des peuples, tentent de continuer leur domination en prétendant offrir la démocratie et la liberté, a déclaré M. Ahmadinejad.

La liberté, la justice, des élections libres sont les droits légitimes de tous les peuples mais ils ne s'obtiennent pas par les canons des forces de l'Otan et des Etats-Unis, a-t-il lancé.

Un gouvernement qui n'a pas de bonnes relations avec son peuple et le prive de liberté et de justice n'a aucune chance de rester au pouvoir, mais la solution n'est pas l'intervention des forces de l'Otan et des oppresseurs, a-t-il ajouté.

L'Iran dénonce régulièrement la présence et l'intervention des forces américaines et occidentales dans la région, que ce soit en Irak, en Afghanistan, en Libye ou dans le Golfe, même lorsqu'elles ont permis de renverser des régimes dénoncés par Téhéran.

Téhéran soutient en même temps les mouvements de révolte partout dans le monde arabe, à l'exception de la Syrie, son principal allié dans la région, où il appuie le pouvoir malgré la répression qui a fait des centaines de mort.

(©AFP / 26 août 2011 11h50)