Un pathogène humain menace un des principaux coraux des Caraïbes


WASHINGTON - Un pathogène humain se trouvant dans les égouts est la cause de la variole blanche qui menace le corail corne d'élan, présent dans les récifs coralliens des Caraïbes, selon une recherche publiée mercredi.

C'est la première fois qu'il est établi qu'un pathogène humain est responsable de la destruction d'une population d'invertébrés marins, soulignent les auteurs de cette étude.

Ce corail, dont le nom latin est Acropora palmata, a été placé sous la protection de la loi américaine sur les espèces en danger d'extinction en 2006 notamment en raison de cette maladie, sans savoir alors si elle était d'origine humaine, précisent les auteurs de l'étude parue dans la revue scientifique PLoS ONE.

Quand nous avons identifié le pathogène Serratia marcescens comme la cause de la variole blanche nous pouvions seulement spéculer sur le fait que les excréments humains en étaient la source puisque cette bactérie se trouve aussi dans les excréments d'animaux, a expliqué Kathryn Sutherland, professeur adjointe de biologie au Rollins College, une université de Floride. Elle est l'un des principaux auteurs de ces travaux.

Ces chercheurs indiquent qu'ils savaient depuis 2002 que cette bactérie qui détruisait ces coraux était de la même espèce que celle trouvée chez l'homme.

Pour déterminer la source de ce pathogène, ils ont collecté et analysé des échantillons provenant de l'usine de traitement des eaux usées située à Key West (Floride).

Ils ont aussi examiné des échantillons d'excréments provenant de plusieurs animaux de Key West comme des cerfs et des mouettes.

Bien que le Serratia marcescens ait été trouvé dans les excréments de ces animaux, des analyses génétiques ont montré que seule la souche trouvée dans les eaux d'égouts correspondait à celle responsable de la variole blanche qui détruit les coraux.

Pour prouver scientifiquement que cette espèce spécifique de bactérie était nocive pour l'Acropora palmata, les chercheurs ont inoculé en laboratoire ce pathogène à des fragments de ce corail.

La souche de cette bactérie a provoqué la maladie dans cet échantillon du corail en cinq jours de telle sorte que nous avons désormais la preuve irréfutable que les humains sont une source du pathogène responsable de cette maladie dévastatrice pour les coraux, souligne la professeur Sutherland.

Ces bactéries ne viennent pas de l'océan mais de nous, relève James Porter, professeur d'Ecologie à l'Université de Géorgie (sud-est), un des co-auteurs de ces travaux.

Les activités liées à l'océan dans l'archipel des Keys en Floride génèrent localement plus de trois milliards de dollars de revenus, note ce chercheur. Nous sommes en train de tuer cette poule aux oeufs d'or et nous en avons désormais la preuve, a-t-il insisté.

La bactérie Serratia marcescens peut aussi provoquer des maladies respiratoires, des infections urinaires, la méningite et la pneumonie chez les humains.

(©AFP / 17 août 2011 23h00)

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