Une industrie qui va bien en France? Le granulé de bois


PARIS - Dans un secteur du bois français qui souffre de la crise des papetiers et des scieries, un créneau fait figure de sauveur: le granulé de bois de chauffage, dont la demande s'envole au point que les industriels peinent à suivre le rythme.

Plusieurs usines ont ouvert ces derniers mois en France, dans les Landes, dans les Deux-Sèvres ou encore dans l'Aveyron, alors que les Français se tournent de plus en plus vers les poêles et chaudières au bois pour se chauffer.

Dernier démarrage en date, annoncé ce vendredi: celui de l'usine de la PME Biosyl à Cosne-sur-Loire dans la Nièvre (une trentaine d'employés), la plus grande de France avec une capacité de production de 120.000 tonnes par an.

De quoi nourrir un marché en pleine expansion, qui a avoisiné les 850.000 tonnes en 2013 (pour près de 300 millions de chiffre d'affaires) et devrait largement dépasser le million de tonnes cette année.

Sur le marché français, on est sur un rythme de très forte croissance, entre 30 et 40%, explique à l'AFP Antoine de Cockborne, qui a fondé Biosyl en 2010 pour venir concurrencer les deux acteurs historiques Piveteau et Archimbaud.

La demande est telle que l'offre a du mal à suivre, avec environ 100.000 tonnes importées l'an dernier.

Le vendéen Piveteau a pris le contrôle d'un deuxième site en Corrèze, tandis qu'Archimbaud termine une usine à Labouheyre dans les Landes et va doubler l'usine existante à Secondigné sur Belle (Deux-Sèvres). Cogra, un autre acteur de ce marché (les auvergnats Moulins Bois Energie et EO2, le normand Aswood, Haut-Doubs Pellets...) démarre lui un nouveau site à Séverac-le-Château (Aveyron).

7,4 millions de foyers chauffés au bois

Pour répondre à la demande, il a aussi fallu trouver des nouvelles ressources forestières. Traditionnellement, les pellets étaient fabriqués avec les chutes et les sciures de scieries.

Mais sous l'effet conjugué de la hausse de la demande de pellets et du déclin de nombreuses scieries françaises, cette source d'approvisionnement est d'ores et déjà saturée.

Biosyl a donc misé sur des ressources venues directement de la forêt, qui proviennent de coupes forestières d'éclaircissement (réalisées pour aider les autres arbres à pousser) effectuées par la deuxième coopérative forestière française, Unisylva (400.000 hectares de forêts).

Ces coupes allaient habituellement à la papeterie et à la fabrication d'aggloméré, souligne M. de Cockborne, deux secteurs à la peine dans l'Hexagone qui en absorbent donc de moins en moins.

Le secteur estime déjà être à un coût équivalent du gaz, être moins cher que le chauffage électrique et 30 à 40% moins cher que le chauffage au fioul.

Contrairement à d'autres modes de chauffage au bois --en premier lieu la bonne vieille cheminée ouverte qui relâche des particules polluantes-- le pellet peut aussi se targuer d'être utilisé dans des appareils le plus souvent efficaces et plus propres.

Sa petite taille lui permet de s'écouler très facilement lors de son transport et de son usage, ce qui permet aussi d'optimiser la quantité brûlée pour chauffer.

La France s'est fixé un objectif de 9 millions de ménages chauffés au bois en 2020, contre 7,4 millions (dont la moitié à 100% bois) selon le dernier pointage de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) publié en octobre. Un nombre qui a déjà augmenté de 25% depuis 1999.

Selon Biosyl, le nombre de poêles à bois domestiques augmente actuellement au rythme de 80 à 90.000 unités chaque année.

(©AFP / 10 janvier 2014 17h31)