Une sortie de la Grèce de l'euro déstabiliserait l'économie mondiale


MILAN (Italie) - Le directeur général de l'organisation bancaire mondiale IIF, Charles Dallara, juge qu'une sortie de la Grèce de l'euro déstabiliserait l'économie mondiale et appelle l'Europe à se doter d'un mécanisme de garantie des dépôts bancaires, vendredi dans Il Sole 24 Ore.

Il est erroné de penser qu'une sortie de la Grèce de la zone euro n'aurait pas de très lourds effets sur les banques européennes, sur la BCE, sur des pays comme l'Italie, l'Espagne et le Portugal à cause de la contagion. En outre, cela déstabiliserait l'ensemble de l'économie mondiale, estime-t-il dans un entretien accordé au quotidien économique italien.

Le patron de l'IIF appelle en outre les Européens à se doter d'un mécanisme de garanties des dépôts bancaires, une mesure qu'il qualifie d'urgente.

Les dirigeants européens ont chargé mercredi le président de l'UE, Herman Van Rompuy, de plancher notamment sur ce sujet.

Il n'existe pas pour le moment de risque d'une fugue des capitaux à grande échelle mais on a laissé l'incertitude sur la Grèce toucher d'autres pays comme l'Espagne, au point qu'aujourd'hui le marché ne sait pas différencier de manière adéquate la solidité des trois grandes banques - Santander, BBVA et Caixa - des caisses d'épargne, souligne M. Dallara.

Il est nécessaire que les autorités européennes clarifient les dimensions du problème et que l'on aille vers une intervention européenne ciblée, ajoute le directeur général de l'IIF, qui est favorable à un renforcement des pouvoirs du fonds de secours européen pour qu'il puisse injecter directement des fonds dans les banques.

M. Dallara estime enfin que la zone euro devrait aller vers une approche plus réaliste en terme de rigueur afin de ne pas tuer la croissance.

Il a déploré trop d'insistance sur la réduction des déficits à court terme alors que l'objectif devrait être la soutenabilité à moyen terme.

La première action risque de miner la crédibilité de la seconde, selon lui, et dans cette phase, il serait plus opportun d'allonger le temps de l'assainissement budgétaire pour donner plus d'espace à la croissance.

(©AFP / 25 mai 2012 10h19)