Uruguay: l'autorisation de l'avortement en débat mardi devant les députés


MONTEVIDEO - Un nouveau projet de loi dépénalisant l'avortement sera étudié mardi par les députés uruguayens.

Un précédent texte autorisant les interruptions volontaires de grossesse (IVG) avait été approuvé par le Sénat fin 2011 mais n'avait pas été présenté à l'Assemblée nationale, faute de majorité suffisante.

Le nouveau texte, porté par la majorité de gauche du Frente amplio (au pouvoir) mais qui a recueilli le soutien de députés du Parti indépendant, propose qu'une femme puisse solliciter une interruption volontaire de grossesse jusqu'à 12 semaines de gestation, sous conditions.

En cas d'adoption, le texte devra retourner devant le Sénat.

Hormis Cuba, aucun pays latino-américain n'autorise l'avortement sur simple décision de la mère. Cette pratique est toutefois permise dans la ville de Mexico et à Porto Rico. En Uruguay, l'IVG est passible de neuf mois de prison pour la patiente et jusqu'à 24 mois pour le praticien.

Un projet légalisant l'IVG avait été adopté en décembre par le Sénat, mais en raison de la défection d'un député du Frente amplio, qui ne dispose que d'une voix de majorité à l'Assemblée nationale (50 sur 99), le texte n'avait pas était présenté aux députés.

Ce nouveau projet prévoit qu'une candidate à l'IVG rencontre préalablement une équipe de professionnels qui l'informeront sur les risques médicaux, les alternatives et les programmes sociaux d'aide à la maternité ou à l'adoption. Elle devra ensuite attendre cinq jours pour confirmer son souhait avant de pouvoir effectivement avorter.

Ces conditions pourront ne pas être remplies en cas de grave risque pour la santé de la mère, de malformation du foetus incompatible avec la vie extra-utérine et en cas de viol, où le délai sera étendu à 14 semaines.

Ana Lima, militante de la Coordination pour l'avortement légal, a regretté que le projet suspende (seulement) la peine encourue en cas de respect des conditions, sans reconnaître aux femmes le droit de décider librement ni prévoir de sanction pour les établissements refusant de pratiquer une IVG.

Du côté des opposants, on dénonce un maquillage du projet précédent, qui va instaurer un droit à l'avortement de fait, a déclaré Lorna Marchetti, porte-parole d'un groupe d'organisations anti-IVG.

Il n'existe pas de statistiques sur l'avortement en Uruguay, petit pays de 3,3 millions d'habitants, mais selon des ONG, on estime leur nombre à 30.000 par an, pour 47.000 naissances.

(©AFP / 24 septembre 2012 21h53)