Valenciennes: un radiologue jugé pour escroquerie et exercice douteux de la médecine


VALENCIENNES (Nord) - Un radiologue belgo-syrien comparaissait mardi devant le tribunal correctionnel de Valenciennes (Nord), notamment pour escroquerie de différents organismes sociaux, ayant entraîné un préjudice de près de 3 millions d'euros.

Les faits reprochés à Farid Alsaïd, 58 ans, s'étalent de 2006 à 2007 et portent aussi sur l'exercice illégal de la télémédecine, l'embauche de salariés non formés à la manipulation radiologique et les manquements à la sécurité dans les cinq cabinets qu'il possédait dans le nord de la France.

Le radiologue s'était rendu à la police française en juin 2009, après avoir fui en Syrie début 2008 lors de l'ouverture de l'enquête pour escroquerie.

Lors de l'audience, le président a lu des témoignages d'anciens collaborateurs de M. Alsaïd, affirmant que les interprétations de radios à distance étaient une pratique courante dans ses cabinets.

Il passait à côté de fractures car la qualité des images n'était pas bonne, avait affirmé un manipulateur aux enquêteurs, tandis qu'un autre salarié évoquait une pression constante sur les employés pour faire du chiffre.

Les employés, souvent des jeunes femmes sans expérience professionnelle, étaient embauchés comme secrétaires médicaux puis formés en quelques semaines à la radiologie, a expliqué le président.

Le radiologue est aussi soupçonné d'avoir utilisé des cartes de professionnels de santé qui n'ont jamais exercé dans sa société, selon Me Hisbergues, avocat des Caisses primaires d'assurance maladie (CPAM) de Lille-Douai, du Hainaut, de l'Aisne, ainsi que de la Cnam, parties civiles dans ce procès.

L'ordre des médecins, la caisse militaire et la Carmi (caisse des mineurs) se trouvent également sur le banc des parties civiles.

Le radiologue avait facturé des montants de remboursement d'environ 750.000 euros par cabinet, alors que la moyenne enregistrée pour ce type d'activité est de 550.000 euros.

21 appareils sur 23 utilisés dans les cabinets n'étaient pas régulièrement déclarés auprès de l'Agence de sûreté nucléaire, qui ajoute que les règles de sécurité n'étaient pas respectées dans les cabinets.

En 2008, M. Alsaïd s'était vu interdire l'exercice de la médecine pendant trois ans, dont deux avec sursis, par le Conseil régional de l'ordre des médecins (Crom) de Picardie.

Une enquête des Ddass (Direction départementale des affaires sanitaires et sociales) du Nord et de l'Aisne avait constaté des dysfonctionnements dans ses cinq cabinets (à Wattignies, Anzin, Hautmont, Fourmies et Hirson), fermés depuis.

(©AFP / 09 avril 2013 12h00)