Vente aux enchères fictive de la Terre à Paris avant le sommet Rio+20


PARIS - Une centaine de militants d'une trentaine d'ONG ont parodié mercredi devant l'ancien siège de la Bourse à Paris (IIème) une vente aux enchères fictive de la Terre, appelant à cesser la marchandisation de la nature et du vivant alors que s'ouvrait au Brésil le Sommet Rio+20.

Des hommes et femmes d'affaires en noir, lunettes teintées et gros cigares au bec, arborant des cartes de visites Véolia, Axa, Areva, Total ou Monsanto, ainsi que des logos du FMI ou de la Banque mondiale, se lançaient un ballon-planisphère géant au son de tambours façon carnaval de Rio. L'opération s'inscrivait dans le cadre du Sommet alternatif des peuples en marge de celui des chefs d'Etat et de gouvernement de Rio+20 qui s'ouvre mercredi.

Les biens naturels tels que l'eau, les sols ou l'air ne sont ni des marchandises ni des actifs financiers, ce sont des biens communs, ont scandé les intervenants.

Alors qu'on se battait avant pour faire accepter le principe du pollueur-payeur, maintenant il faut se battre contre celui du pollueur-payé, a souligné auprès de l'AFP Sylvain Angerand, un des responsables de l'ONG Les Amis de la Terre.

Le marché des quotas de carbone, lancé il y a une dizaine d'années, permet aux entreprises de continuer à polluer l'atmosphère en finançant des actions de réduction des gaz à effet de serre dans les pays en développement, selon les ONG.

Avec dix ans de recul, on voit que ce marché des crédits carbone est un échec et les gens à la Bourse s'en sont aperçus car les prix se sont effondrés, a précisé Sylvain Angerand. Et à Rio maintenant on discute de l'extension de ce type de marché à l'eau et la biodiversité, s'est-il insurgé. La logique de ce marché des crédits carbone, ce n'est pas de stabiliser le réchauffement climatique, c'est de permettre à des entreprises de continuer à faire ce qu'elles ont toujours fait, préserver le droit de polluer, a-t-il conclu.

Parmi la trentaine d'ONG organisatrices se trouvaient la Confédération paysanne, France Libertés, le Réseau Sortir du nucléaire, Emmaüs International, Attac France, les Amis de la Terre, la Fondation des femmes africaines entre autres.

(©AFP / 20 juin 2012 15h17)