Vigoureuses protestations après les propos du ministre indien de la Santé


Paris - Les propos du ministre indien de la Santé Ghulam Nabi Azad, estimant, lors d'une conférence sur le sida à New Delhi, que l'homosexualité était une maladie venue d'autres pays, ont provoqué des vagues de protestation, aussi bien d'autorités sanitaires que d'associations.

Le ministre, qui a ensuite affirmé que ses propos avaient été totalement déformés, a tenu des remarques irresponsables et homophobes, ne pouvant qu'avoir un impact négatif sur les vies des homosexuels, qui se battent déjà contre la discrimination, a estimé Bertrand Audoin, directeur exécutif de la Société internationale du sida, qui organise les conférences mondiales sur le sujet.

Il a rappelé que la stigmatisation des homosexuels les éloigne de la prévention du virus du sida, du traitement et des soins dont certains ont dramatiquement besoin.

L'Onusida rejette les préjugés et les idées fausses sur les homosexuels, et ne considère pas l'homosexualité comme une maladie, a souligné Michel Sidibé, directeur général de l'organisation.

M. Sidibé a rappelé dans un communiqué que les Nations unies avaient publié il y a deux semaines des recommandations demandant aux pays membres d'appliquer des lois protégeant les homosexuels et les transgenres de la discrimination et de la violence.

En France, Bruno Spire, responsable de l'organisation Aides, s'est dit consterné devant de tels propos, totalement contraires à la science et aux impératifs de santé publique.

M. Spire a rappelé que l'épidémie de VIH reste très importante en Inde, où une grande proportion des transmissions se font par des rapports entre hommes.

Jean-Luc Romero, président d'Elus Locaux Contre le Sida, s'est dit sidéré par les propos inacceptables du ministre indien, de nature à justifier les discriminations, voire à provoquer des violences homophobes.

Il a demandé au ministre des Affaires étrangères Alain Juppé d'émettre une condamnation très ferme de ces propos au nom de la France.

Enfin, le Terrence Higgins Trust, la principale ONG britannique de lutte contre le sida, a fait valoir que le ministre indien ne fait que perpétuer les préjugés anti-homosexuels des colons britanniques de jadis, alors que nombre de textes et de peintures d'origine indienne célèbrent les rapports entre personnes du même sexe.

(©AFP / 05 juillet 2011 17h59)