Volet financier du dossier PIP: une avocate toulonnaise dépose une plainte au pénal


DRAGUIGNAN (Var) - Une plainte pour mise en danger, banqueroute frauduleuse, abus de bien sociaux, organisation frauduleuse d'insolvabilité, blanchiment aggravé, complicité et recel a été déposée vendredi au parquet de Toulon par l'avocate d'une porteuse de prothèses PIP.

La plainte vise M. Jean-Claude Mas, Mme Dominique Lucciardi, son ex-compagne, M. Nicolas Mas-Lucciardi, son fils, la société PIP et X, a précisé à l'AFP Me Christine Ravaz.

A l'origine de cette plainte au pénal, une lettre du liquidateur judiciaire de la société PIP, Me Simon Laure, qui devait être assigné en référé mardi dans le cadre d'une procédure aux fins d'expertises, mais qui explique que, faute de fonds en compte, (il) ne (sera) ni présent, ni représenté lors de l'audience.

Nous voulons savoir où sont passés tous les actifs de la société PIP. Si l'on en croit les extraits de KBis (attestations d'acte de naissance des sociétés commerciales, ndlr), M. Mas est domicilié au Luxembourg où il aurait créé d'autres sociétés, a expliqué Me Ravaz.

Dans sa plainte, l'avocate, après avoir fondé la mise en danger délibérée d'autrui sur la reconnaissance par M. Mas d'avoir placé un gel non homologué qui présente un danger important pour la santé publique, argumente les autres chefs de la plainte.

Selon elle, les fonds provenant de la fraude lui ont permis de s'enrichir personnellement et ont été blanchis et investis dans de l'immobilier.

Elle avance aussi que M. Mas a organisé son insolvabilité et le blanchiment des fonds par l'intermédiaire de la société Penny Holding (propriété du couple Mas-Lucciardi), actionnaire unique de Milo Finance, qui détient 79% de l'entreprise américaine Heritage Wordldwide, laquelle possède 94% de PIP.

Elle précise aussi que le tribunal de commerce de Toulon, dans son jugement de mars 2010 qui ordonnait la liquidation de PIP, soulignait que Penny Holding et Milo Finance faisaient l'objet de procédures de dissolution judiciaire au Luxembourg.

Dans l'attente des suites que le procureur de la République à Toulon décidera de donner à cette plainte, l'avocate demandera au juge des référés que soit ordonnée une expertise médicale, confiée à un chirurgien expert et à un pharmacologue expert.

Dans cette requête, elle réclame notamment le retrait des implants de sa cliente et leur expertise.

Dans le dossier des prothèses frauduleuses, révélée fin mars 2010, deux volets judiciaires ont déjà été ouverts.

Le premier, pour tromperie aggravée sur une marchandise, a donné lieu à une série d'auditions depuis 2010, notamment des dirigeants de PIP et du fondateur Jean-Claude Mas, qui a reconnu que la fraude était organisée depuis des années.

Cette enquête préliminaire, close depuis octobre 2011, devrait donner lieu à un procès devant le tribunal correctionnel de Marseille d'ici fin 2012. A ce stade, plus de 2.500 plaintes ont été reçues à Marseille et leur nombre grossit chaque jour, indique-t-on.

Début décembre 2011, un second volet judiciaire a été ouvert avec une information judiciaire pour homicide et blessures involontaires, confiée à la juge d'instruction Annaïck Le Goff du pôle santé de Marseille.

(©AFP / 20 janvier 2012 19h25)