Vu du ciel, la ville de Dourdan dans l'Essonne traque le gaspillage d'énergie


DOURDAN (France / Essonne) - En bleu les zones bien isolées, en rouge les fuites: sur les photos aériennes de la ville de Dourdan dans l'Essonne apparaissent les déperditions de chaleur provenant des différents bâtiments de la commune, qui a décidé de faire la chasse au gaspillage énergétique.

Vue du ciel, Dourdan, ville de 10.000 habitants à 50 kilomètres au sud-ouest de Paris, avec ses pavillons, son château moyenâgeux et ses jardins ouvriers a été analysée dans ses moindres recoins.

Jeudi à l'aube, à plus de 600 mètres d'altitude, un hélicoptère équipé d'une caméra infrarouge à usage militaire a survolé la commune, scrutant un par un ses bâtiments pour traquer les pertes thermiques. Objectif: identifier les besoins d'isolation et réaliser à terme des économies d'énergie.

En plus de l'audit thermique sur les bâtiments, des relevés ont également été effectués sur le réseau de chaleur de la ville et sur l'éclairage public.

C'est une démarche de développement durable, explique le maire, Olivier Legois (sans étiquette). Nous sommes partis du constat que le patrimoine bâti de la ville est très ancien. Nombre de bâtiments publics comme les écoles par exemple datent des années 1970, sont en simple vitrage avec beaucoup de déperditions d'énergie.

L'opération, conduite par la société TCC et qui a coûté 45.000 euros à la municipalité, lui servira d'outil pour répertorier les édifices municipaux à rénover en priorité et optimiser les réseaux d'éclairage et de chaleur.

C'est aussi un bon outil pédagogique pour encourager les citoyens à moderniser leur isolation, ajoute-t-il.

Une fois les résultats analysés, les habitants pourront en effet savoir, à l'occasion d'une foire organisée au cours du mois de mai, si leur logement a besoin de travaux, susceptibles de faire baisser leur facture.

Accompagnés d'experts, ils apprendront ainsi que la toiture peut représenter jusqu'à 30% des déperditions de chaleur d'une habitation mal isolée.

De même, l'optimisation de l'éclairage public peut conduire à réduire de plus de 35% la consommation d'électricité.

Précarité énergétique

Notre maison devait être à la pointe de l'isolation en 1986, explique Claire Fournier, une habitante de Dourdan. Aujourd'hui, nous avons du double vitrage et une cheminée au bois, mais nous n'avons aucune donnée sur notre bilan énergétique. Donc c'est intéressant, à la fois pour l'aspect écologique et pour les économies sur notre budget, ajoute son mari Alain.

En France, de plus en plus de villes se lancent dans une thermographie de leurs bâtiments. Dunkerque avait été l'une des premières dès 2004, puis Gap et Marseille en 2006 ou encore la ville de Nogent dans le Val-de-Marne en 2008.

Nous ne savons pas vraiment combien de personnes ont réalisé des travaux suite à cette opération, explique Yann Marnier, ingénieur en environnement à Nogent-sur-Marne, où environ 300 familles étaient venues consulter les résultats. (Pour nous, l'objectif) était de communiquer sur cette problématique, de sensibiliser les gens à la déperdition énergétique.

Autre enjeu de ces relevés: établir une carte de la précarité énergétique pour réduire le nombre de foyers qui dépensent plus de 10% de leurs revenus dans l'énergie.

Si une maison apparaît en bleu sur la carte, cela peut vouloir dire qu'elle est bien chauffée et bien isolée ou bien qu'elle est peu chauffée parce que les gens n'ont pas les moyens de la chauffer, explique ainsi Jean-Claude Barré, directeur des opérations de la société TCC.

(©AFP / 22 février 2013 11h56)