Weidmann souhaite qu'un pays de la zone euro puisse faire défaut à l'avenir


PARIS - Le président de la Bundesbank (Buba), Jens Weidmann, a plaidé vendredi pour qu'un pays de la zone euro puisse à l'avenir faire défaut, une option que les Européens ont à tout prix cherché à empêcher pendant la crise.

Avec la crise, nous avons fait très attention à éviter les risques de défaut, par crainte d'un effet de contagion, a expliqué M. Weidmann, réputé pour sa défense stricte de l'orthodoxie monétaire et budgétaire, lors d'une conférence organisée par la Banque de France et la banque centrale d'Allemagne.

Il a, en revanche, laissé ouverte une telle possibilité à l'avenir.

A long terme, nous devons faire en sorte qu'un Etat puisse, en dernier ressort, faire faillite, a relevé le patron de la Buba, ajoutant que cette possibilité était un élément clé pour permettre de discipliner les marchés.

C'est pour cela que nous travaillons au fait de découpler les Etats et les systèmes bancaires, a-t-il par exemple fait valoir.

Pour ce faire, la zone euro travaille actuellement à la mise en place d'une union bancaire, qui se traduira notamment par la mise en place d'un superviseur unique des banques à partir de 2014.

Sa création répond notamment à l'observation faite durant la crise que les conditions de refinancement des banques ont souvent été liées au risque souverain du pays où elles se situent, rendant la liquidité très chère pour celles des pays les plus en difficultés.

(©AFP / 24 mai 2013 14h05)